Lycée Professionnel Gaston Darboux
Sur la route | Un Ulysse contemporain, un Ulysse d'aujourd'hui
Un mot
Qu’est-ce qui fait, qui ferait qu’on aimerait s’en aller. Qu’on serait obligé de partir. De partir loin. Ou pas. Partir dans tous les cas. Avec presque rien. Ou rien. Rien : ce n’est pas possible. Mais on ne part pas pour emporter.
Jean-Paul Michallet
Jean-Paul Michallet
auteur
Une approche « non scolaire » qui est celle de l'écriture créative et qui libère leur plume, les propositions d'écriture état ramenées à ce qu'elles sont : autant de prétextes pour écrire
L'équipe enseignante
L'équipe enseignante
Les réalisations

En bref

l'établissement
Lycée Professionnel Gaston Darboux
la ville
7 rue Jules Raimu 30908 Nîmes
la classe
2nde GA (Gestion administrative) (15-18 ans)
les intervenants
L'auteur : Jean-Paul Michallet | Eric Bouffay (enseignant en lettres/histoire), Céline Murraciole (enseignante arts appliqués)
le thème
Sur la route. Un Ulysse contemporain, un Ulysse d'aujourd'hui

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Nom des élèves :
Kaira Saidani, Myriam Benaik, Océane Taupin, Marie Attoumani, Marine Garcia, Boujemaa Ben Alial, Mariem Jebli.

Feuillet 1

Partir pour  prendre le large
Partir pour être libre
Partir pour apprendre la vie
Partir pour voyager
Partir pour ressentir la chaleur
Partir pour ne pas ressentir la tristesse chez soi
Partir pour ne pas ressentir sa douleur profonde cachée derrière des sourires
Partir pour ne plus décevoir
Partir pour ne pas ressentir la solitude
Partir pour faire connaissance
Partir pour avoir une autre vision de la vie de l’autre

Feuillet 2

Moi Kim, j’ai dans le regard le monde à découvrir,
J’ai dans le regard de nouveaux paysages
J’ai dans le regard la Corée du Sud et ses cultures
J’ai dans le regard le Japon et ses cosplays
J’ai dans le regard un voyage en Asie
J’ai surtout dans le regard la liberté

Moi, Popeye, j’ai dans le regard la Camargue, ses magnifiques champs, sa belle vertu
J’ai dans le regard ce pays ensoleillé
J’ai dans le regard ses taureaux et chevaux courant dans l’herbe fraîche du matin
J’ai dans le regard les manadiers triant leur bétail
J’ai dans le regard ce gardian sellant son magnifique cheval blanc
J’ai dans le regard cette magnifique Abrivado
J’ai dans le regard les gardians emmaillant leurs bétails tout en maintenant leurs chevaux
J’ai dans le regard ces nombreuses personnes faisant l’apéro dans la bonne humeur, accompagnés des classiques d’années 80 et de nos musiques traditionnelles

Feuillet 3

Ce que je regretterai

Les grasses matinées
Le chant des oiseaux
Le petit déjeuner au lit
L’odeur du chocolat chaud
Le gout des chocapic
Regarder la télé sous la couette
La douche chaude en hiver
Le footing le matin
Le chien qui dort devant la cheminée
Le rire de mes sœurs
L’odeur du parfum de ma mère
Manger des pizzas sur le canapé en regardant la télé
Le coucher du soleil.

Ma mère Samira
Mon équipe de foot
Ma voiture
Mon fils
La voisine
La femme de ma vie
Mes amis
Mon chien Pongo
Ma chatte mistigri
La boite de nuit à côté de chez moi

Feuillet 4

Ma voiture.

J’aime le bruit du moteur de ma voiture quand je la conduis sur cette route pleine de nids de poule. J’aime l’odeur de l’essence quand je fais le plein. J’aime être seul dans ma voiture et mettre le volume de la musique au maximum avec les fenêtres fermées et la climatisation en été. J’aime le temps que je passe dans ma voiture à ne rien faire.

Mon bain
Le soir vers 22 heures avant de m’endormir sur mon lit douillet. Je vais dans ma salle de bain j’ouvre l’eau et je mets des sels dans mon bain. Je prends mon téléphone et je mets de la musique.
Puis, je trempe mes pieds dans l’eau chaude, je m’installe, et même parfois je m’assoupis confortablement dans mon bain chaud.

Quand je mange une pomme

Etape 1 : Je vais dans le frigo je sors la pomme je m’assis sur la chaise
Etape 2 : J’ouvre la bouche je croque la pomme rouge je mâche je mâche je mâche et voilà la fraicheur de la pomme qui touche ma langue qui de plus en plus en plus rafraîchi plus je croque plus elle se finit et voilà il n’en reste plus

Feuillet 5

Je rêve
Je rêve d’un pays où les femmes seraient libres et indépendantes
Je rêve d’un pays ou les enfants seraient élevés dans la joie et non dans la peur et la violence.
Où les hommes s’entraideraient au lieu de s’entretuer
Oui je rêve d’un pays ou la paix règnerait.

Un rêve sans fin
Depuis tout jeune je rêve de pays extraordinaires.
Ce qui me fait rêver depuis tout jeune c’est des pays comme l’Australie, Hawaï et Cuba c’est des pays riches de nature et de vie ça a l’air magnifique c’est tout ce dont on a besoin pour avoir une vie paisible.
Dans mon passé je suis allé en île de France c’était magnifique de voir Paris de tout en haut. Ça m’a fait vibré, c’était magique puis je suis allé à Barcelone une ville haute en couleur c’était exactement ce qu’il faut pour s’amuser et travailler

Feuillet 6

J’ai tout le bonheur du monde
J’ai encore toute ma tête
J’ai ma fierté
J’ai ma dignité
J’ai l’amour de mon entourage
J’ai le cœur sur la main.

Je n’ai pas envie de me lever le matin
Je n’ai pas envie de voir ce monde qui saigne
J’ai  n’ai pas besoin de parler pour exprimer mes sentiments
Je n’ai pas besoin d’aide
Je n’ai pas besoin de me soucier des gens pour vivre.
J’aurai toujours besoin de ma famille
J’aurai toujours besoin de mes frères et sœurs
J’aurai toujours besoin de soutien
J’aurai toujours l’amour que je porte à mon copain
J’aurai toujours ma bouche sur le front de ma mère
J’aurai toujours la joie de vivre.

Feuillet 7

Moi, Kaïs je ne regretterai pas ces courtes journées d’hiver.
Moi, Kaïs je ne regretterai pas ces folles nuits de ramadan
Moi, Kais je ne regretterai pas d’avoir mangé le piment de Kitana.
Moi, Kais je ne regretterai pas d’avoir bavardé chaque jour en cours.
Moi, Kais je ne regretterai pas de l’avoir rencontrée.
Moi, Kais je ne regretterai pas de me promener dans cette forêt.

Je ne regretterai pas les cours ennuyants.
Je ne regretterai pas le navet, le réveil qui sonne dès le matin.
Je ne regretterai jamais les embouteillages.
Je ne regretterai pas la vaisselle.

Feuillet 8

À l’horizon,
De magnifiques sapins et les cheminées de la ville qui fument.
Cette ville d’automne remplie de ces arbres aux feuilles mortes.
Au loin, le stade des costières.
Et ce magnifique ciel qui fait un dégradé de bleus
Accompagné des rayons de soleil qui traversent ces sublimes nuages blancs
 
Des personnes qui partent
Les feuilles des arbres qui tombent
Une salle vide
Le ciel gris
Des cartes du monde
Des portraits
Une horloge qui tourne
Des personnes devant les fenêtres
Des enfants qui s’amusent
Des enfants qui pleurent.

Feuillet 9

SMS
 
« Je pars quelque temps pour me changer les idées, si là où je pars je me plais je ne reviendrai surement pas. Bisous, prends soin de toi. »
 
Adieu.
Chère amie,
Je ne regrettai jamais d’avoir fait ta connaissance.
Maintenant je m’en vais, on ne se reverra sûrement plus mais sache que je ne t’oublierai jamais. 
 
SMS
« ALr jsp comment vous le dire mes frères vous m’avez apporté bcp de chose essentiel dans une vie vous m’avers aider tellement que voilà j’ai ps de mot Just jvous oublierais jamais vous été graver dans mon cœur jvous oublierais jamais aller slm

Feuillet 10

Benifaio, ville de fête et de bonne humeur. Où les enfants courent dans les rues, où les adultes sortent une table devant chez eux pour dîner entre voisins. Cette ville qui fait la fête toute la nuit.
Ce village qui a l’odeur du riz qui est en train de cuir avec de bons légumes et sa bonne viande pour faire cette paella qui sera partagés avec tout le monde.
La bonne humeur des gens qui vont au marché du village de bon matin
C’est de cette ville que je garde mon plus beau souvenir.

Je vois Marrakech et ses rues bondées,
Ces façades aux couleurs vives,
Ces allées marchandes divines,
Sa belle mosquée El Fna,
Je vois, New York, et ses grandes tours immenses,
Ses taxis à l’affût,
Ses habitants pressés,
Londres, je vois Londres et ses journées pluvieuses,
Ce ciel gris, ses métros tagués,
Sa monarchie anglaise,
Venise, ah Venise et ses bateaux de transport,
Cette vie sur l’eau divine.

Feuillet 11

Chère amie,
Vous dire d’abord, je viens d’arriver à Lyon, il fait beau j’ai visité un peu la ville, je suis parti au parc de la tête d’or, il y a beaucoup d’animaux et un parc rempli de fleurs.
Vous dire ensuite que la ville est calme,  l’air est pollué le soir, mais le soir la ville est magnifique.
 Vous dire enfin que tout va bien, je reste un petit temps là où je suis actuellement.
 
« Aloé » cher amigo
Vous dire d’abord que ce pays est magnifique l’eau est tellement claire et chaude qu’elle ne donne pas envie de la quitter.
Vous dire ensuite que je suis très heureux et les gens sont tellement adorables que ça rend la vie plus facile
Vous dire enfin que ma vie a changé grâce à ce pays, cette ville et ces gens magnifiques et respectables ont fait de moi un mec heureux …

Feuillet 12

J’ai pris pour la première fois un sous-marin. J’étais terrifié je voyais ces gros requins passer avec leurs grandes dents, ces poissons regroupés, c’était magnifique, l’eau était si claire, les couleurs de ces coraux et autour ces anémones et ces végétaux marins. J’étais émerveillé, par tout ce que l’on pouvait voir dans ces mers profondes. Ces vibrations, que je ressentais dans le sous-marin c’était assez petit, il y avait des petites cabines pour s’endormir, on se sentait oppressé. Cette odeur qui passait sous mon nez, mon ventre grognait de famine, le plat posé sur la table : Ma vision se dirigeait vers ce qui se passait dans cette mer, c’était pour moi plus captivant que la télé qui était positionné juste sur le coin du chevet. Je garderais en souvenir ce moment mémorable de tout ce que l’on pouvait voir dans ses eaux claires. Enfin, le sous-marin remontait si doucement que je photographiais avant de m’en aller.
 
Quand j’ai pris le bateau, au départ j’hésitais sur la destination mais quand on était à 5 minutes de l’arrivée
J’ai vu l’eau s’éclaircir et j’avais l’opportunité de voir différents poissons dont des raies, des tortues de mer etc
Et depuis ce moment, j’ai commencé à apprécier, c’était juste fabuleux…
Arrivés au port, nous avons quitté le bateau pour pouvoir rejoindre l’hôtel…
Et j’ai remarqué que les gens étaient tellement polis et respectueux que je ne pouvais en aucun cas regretter mes décisions…
Et la plupart des soirées étaient ambiancées car il y avait de grandes fiestas organisées pas les habitants et les DJ …
Enfin bref c’est magique.

Feuillet 13

Une étrangère dans la ville.
Chère amie,
Il est arrivé hier, une étrangère bien vêtue, je ne sais pas de quel pays elle peut venir, peut-être une Européenne. Elle a l’air sympa mais tout le monde la dévisage. Peut-être qu’elle n’est qu’une touriste, je ne sais pas.

Feuillet 14

Vu que le paysage est magnifique
Vu que la mer est splendide
Vu que le village est paisible
Vu que les personnes sont aimables
Vu qu’ici j’ai tout ce que je souhaite que je n’avais pas là où j’étais
Vu que je me sens bien ici
Bon je pense que je vais rester ici.

Vu la bonne odeur de leur paella.
Vu ce soleil qui tape sur ma peau.
Vu ces personnes attachantes et souriantes.
Vu les beaux paysages.
Vu que c’est super ce qui se déroule dans les rues.
Bon d’accord je reste.

Feuillet 15

Quelque part quelqu’un m’attend
Quelque part quelqu’un veut que je rentre
Quelque part quelqu’un voudrait que je parte

Quelque part quelqu’un chante dans les rues.
Quelque part quelqu’un demande de l’argent.
Quelque part quelqu’un a froid.
Quelque part quelqu’un est triste.

Quelque part quelqu’un m’attend pour se confier à moi.
Quelque part quelqu’un ne veut pas que je rentre
Quelque part quelqu’un m’envie

Feuillet 16

J’étais en France car j’habitais là-bas
J’étais dans un pays magnifique
Aujourd’hui je ne suis nulle part car je ne sais pas si je dois partir ou bien rester.

J’étais malheureuse de savoir qu’il nous a quittés
J’étais il y’a peu heureuse d’être restée avec lui avant qu’il parte.
Aujourd’hui je repense à tous mes moments passés avec lui, sans doute mes meilleurs moments.

J’étais le prince de ma ville
J’étais champion de boxe d’Algérie et du Maroc
J’étais il y a peu chef de police
Maintenant je suis nulle part

J’étais un artiste, quelqu’un de très connu, quelqu’un de très demandé, je passais mon temps à écrire des paroles, à voyager, à signer des autographes, j’étais à la une des journaux et j’avais toutes les filles à mes pieds.
J’étais il y a peu un homme détruit, un homme qui ne savait pas de quoi était construite sa vie, j’étais un homme un simple citoyen normal aucun paparazzi autour de moi, aucun voyage, aucune femme, solitaire et j’étais il y a peu non sociable.
Maintenant je suis nulle part dans les journaux, je suis personne, je me retrouve sans argent sans emploi ma vie est un désastre, je n’ai plus confiance en moi, je m’enferme derrière ces portes loin du bruit, près du silence.

Souvenirs, souvenirs
L'auteur

Jean-Paul Michallet

Auteur
Roman, nouvelle, théâtre

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michallet jeanpaul

Feuillets de route.

Qu’est-ce qui fait, qui ferait qu’on aimerait s’en aller. Qu’on serait obligé de partir. De partir loin. Ou pas. Partir dans tous les cas. Avec presque rien. Ou rien. Rien : ce n’est pas possible. Mais on ne part pas pour emporter. Ou rien d’utile. C’est trop lourd et encombrant. Seulement des souvenirs, des pensées, des désirs, des idées, des images inconnues, des images connues, des traces. Des regrets. Des peurs. Une inquiétude. Des images d’avant pour ensuite. Pour un jour. On part peut-être pour habiter son nom. On ne sait pas. On ne peut pas savoir. On ne veut pas savoir. C’est autre chose. Et puis écrire alors ? C’est bien ça. Alors il y a eu là au lycée Darboux un personnage, un voyageur qui s’est mis à écrire. Au fil des semaines, au fil des ateliers d’écriture. Tout ce qu’il pensait. Et ce qu’il ne pensait pas. Ne pensait pas pouvoir écrire. Ou seulement ne pensait pas, mais qui venait en écrivant. Peut-être que parfois il ne s’en sentait pas la force. Comme tout le monde. Des feuillets de route. Il n’était pas seul sur la route. Il n’a pas été seul. Il y avait avec lui des textes. Oh des textes d’auteurs qu’il ne connaissait pas, mais qui lui ressemblaient. Ou pas. Qui le guidait un peu pour sa propre écriture. Mais non pas de guide. Aucun. Il ne s’agissait pas de les copier. Donc un voyageur avec sa vie. Donc une solitude pleine, habitée. Une solitude qui découvre. Une solitude qui se découvrait monde, s’est découvert monde, s’est découvert écriture. Il a pris un nom. Celui qu’il voulait. Qu’a-t-il eu dans le regard ? Qu’a-t- il vu que l’homme a cru voir ? Quel étranger a-t-il été dans ses textes. Jamais étranger. Nul étranger ! Celui sans doute qui aimait « les nuages qui passent… là-bas… là-bas. Les merveilleux nuages ». Oui qu’est-ce qui fait qu’on partirait ainsi loin. Pour plus loin si possible.

L'établissement

Lycée Professionnel Gaston Darboux

7 rue Jules Raimu

30 908

Nîmes

Chef d'établissement

M. Noël Cabrera