Lycée Jean Moulin
Une réécriture à la lumière des arts visuels. Réécriture de passages de l'Odyssée à partir de contraintes et de photos.
Un mot
La liberté totale de vous faire plaisir ! Encore une fois, j’espérai avec mon enthousiasme vous donner envie de vous amuser à écrire, à partager une histoire, une pensée, des idées.
Mathieu Robin
Mathieu Robin
auteur
Au final les textes produits ne sont pas mal du tout, ils reflètent les personnalités de chaque élève. Pour les élèves, finir un travail de cet ordre, aller au bout d’un projet, est une belle victoire.
L'équipe enseignante
Les réalisations

En bref

l'établissement
Lycée Jean Moulin
la ville
1 avenue Paul Vidal de la Blache 34120 Pézenas
la classe
1ère L option cinéma audiovisuel
les intervenants
L'auteur : Mathieu Robin | Naima Karabaghli (enseignante en lettres), Florence Paulhac (documentaliste)
le thème
Une réécriture à la lumière des arts visuels. Réécriture de passages de l'Odyssée à partir de contraintes et de photos. Objectif : (re)découvrir une œuvre patrimoniale et se l'approprier. Finalité : livret textes-photos inspirés de l'Odyssée.

Rechercher dans le site

Noms des élèves :
Maëlle Ambroise, Léa Froger, Olivier Kientz, Marius Robert, Hugo Fabre, Estelle Montesinos, Louison Gallego, Claire Laurent, Florian Tésio, Inès Monnereau, Stella Snelling, Manon Garcia, Marc Bono, Mégane Germier, Pierre Armentier.

1ères phrases

 

Maëlle Ambroise 608
J'étais là, sur ce ferry, pour une seule chose : retrouver le meurtrier de mes parents.
J'avais décidé cela il y a plusieurs mois lorsque j'étais en train de regarder un flyer de cette croisière.
Et maintenant, j'étais là, à attendre l'heure où je pourrai retrouver, torturer et tuer ce connard qui a anéanti la vie de mes parents, détruisant ainsi la mienne.
Allongée sur mon transat, les deux pieds levés vers le ciel, les lunettes de soleil tombées sur le nez, je bouquinai un livre très instructif sur le sujet.
Il s'intitulait Level 26. L'histoire était celle d’un homme complètement timbré qui prenait du plaisir à disséquer des gens.
Lire la suite
Léa Froger Anka
L'horloge affichait 10h20 quand la voiture se gara devant sa maison. Anka sortit aussitôt et déposa sa petite valise noire dans le coffre. Une fois qu'elle fut montée à bord, le conducteur démarra et fila dans les méandres de la vieille ville. Anka se replongea dans les événements de la matinée :
« La rentrée avait eu lieu depuis moins d'un mois quand elles vinrent la voir, alors qu'elle était encore seule dans son coin. Elles ont commencé à l'insulter, à se moquer, mais cette année était différente. Anka était décidée à riposter : elle levait le bras pour les frapper quand ce dernier s’enflamma. Les filles en face d'elle prirent peur et partirent alerter le directeur. Durant ce court instant, Anka retrouva son calme, ce qui fit disparaître les flammes et laissa découvrir sa manche brûlée…
Lire la suite
Olivier Kientz Après le BAC
Nous avions tous 18 ans à l'époque, nous étions de grands amis tous différents mais tous unis par une même passion, celle du skateboard et de son ambiance si familière et chaleureuse, de son esprit de liberté ; le seul problème, nous vivions tous dans des petits villages languedociens, vraiment restreints pour skater avec tous ces spots moisis et les skateparks que nous connaissions comme les doigts de la main. Notre rêve, voyager et skater, des spots dans le monde entier et connaître le plus de gens possible. Notre point de départ serait Barcelone, une des capitales mondiales du skateboard, des spots à perte de vue et une ambiance de folie ! Des personnes du monde entier, qui n'attendaient que nous…
Nous étions tous en Terminale en train de passer ce foutu bac dans la chaleur du mois de juin.
Lire la suite
Marius Robert Combat contre les chimères
Les combats étaient d’une inégalité sans pareille… Les souterrains que nous occupions devenaient bien trop dangereux il fallait bouger d’ici, mais les chimères nous étaient tombées dessus ce jour-là, pendant que John et moi étions dehors en train de chercher quelque chose à se mettre sous la dent. Depuis leur invasion, sortir dans la rue devenait un jeu avec la mort, et ce jour-là elles nous ont repérés. Nous n’étions que deux contre une escouade de six chimères, aucun moyen de prévenir les autres pour avoir des renforts une fois dehors…
On s’était embusqué dans une station-service complètement ravagée, tout comme le reste de la ville.
Lire la suite
Hugo Fabre L'appart
J'ai envie de paysages enneigés, froids, où l'on serait obligé de se couvrir avec le gros blouson d'hiver, le bonnet qui gratte la tête et l'écharpe moche que mamie m'a tricoté. J'ai envie d'ouvrir grand la bouche pour y laisser entrer les flocons de neiges éparpillés dans le ciel, de les loger sur mon palais jusqu'à ce qu'ils fondent et s'évaporent. Ou peut-être un paysage tropical, oui plutôt tropical, j'ai envie de voir la jungle peuplée d'animaux majestueux, comme le panda. J'aime le panda. J'aime ses couleurs à la fois complémentaires et opposées dispersées sur tout son corps, l’ovale de ses yeux, son agilité. Mais ce que je préfère, c'est sa lenteur, quoi qu'il se passe, le panda est toujours calme et posé, vit au jour le jour, sans même savoir de quoi sera fait le jour d'après, l'heure d'après, la minute d'après, la seconde d'après.
Lire la suite
Estelle Montesinos Voyage, nouvel exil ?
Dans ma famille, nous ne voyageons pas beaucoup. Nous n'aimons pas trop cela, ça nous fait peur. C'est à cause de l'histoire que mon grand-père a vécue. Il est d'origine espagnole et a grandi à Valencia. Tout le monde sait à peu près l'histoire de l'Espagne avec la dictature de Francisco Franco et la Guerre civile entre les Nationalistes et les Républicains. Heureusement, mon grand-père a réussi à quitter l'Espagne avant la guerre :
« On sort du train. On monte dans des camions, on est entassés. On est emmenés à la prison de Barcelone. On est nourris et ensuite renvoyés à Valencia. A ce moment-là, je n'y comprenais rien, j'avais huit ans. On était venus voir mes frères qui travaillaient dans une ferme près de Barcelone.
A Valencia, ma mère m'envoie travailler pour me nourrir…
Lire la suite
Louison Gallego La fugue
Juridiquement Scylla n'avait jamais accouché de Pénélope. Mais Pénélope était là. Une petite famille. Scylla, Cherybde et Pénélope vivaient dans le vieil appartement des parents de Scylla et Cherybde. Selon le souhait de ses parents, Pénélope, comme eux, y grandirait et y mourrait. Elle y fonderait une famille, si elle venait à avoir un petit frère.
La famille avait l'air d'une famille de vampires qui avait passé des siècles dans un sombre appartement. Parfois Scylla sortait. Elle était la plus à l'aise des deux avec le monde extérieur. Cherybde, lui, vivait sur le canapé de cuir, chaud en été, froid en hiver. Il y mangeait, y regardait la télé et y dormait ; prenant de plus en plus de place de jour en jour.
Lire la suite
Claire Laurent Le banquier, la voiture et le voleur
Il était fils de banquier, son avenir avait été consciencieusement planifié par son père. Plus tard il remplacerait son père à la tête de l'entreprise familiale. Seulement voilà, il rêvait de voyager, de découvrir le monde comme tout jeune homme de 20 ans.
Il voulait devenir inspecteur et son talent de déduction était impressionnant.
Il marchait dans la rue, réfléchissant à son avenir imposé. En regardant au sol, il remarqua des traces, des traces d'une voiture qui avait brusquement accéléré…
Lire la suite
Florian Tésio Le voyage de Claudius
Tout a plus ou moins commencé lorsque nos dirigeants ont provoqué les Grecs. Le temps de préparer les vivres, les armes et armures, les chevaux, et nous sommes déjà partis.
Rome – Grèce à pied. Avec je ne sais combien de kilos d'équipement.
Une semaine plus tard nous voilà enfin sortis d'Italie, la pluie, le vent, je ne devrais pas me plaindre, c'est rare en Italie, mais j'en ai déjà marre. A voir les visages des autres légionnaires, personne ne sait vraiment pourquoi nous avons quitté nos femmes et nos fermes  ; nous savons seulement contre qui nous nous battrons, mais je suis sûr que les Grecs eux-mêmes ne connaissent rien des raisons de la guerre.
Lire la suite
Inès Monnereau Les sœurs jumelles
Notre vie à deux commence le 2 octobre 1998. Le jour de notre naissance à toutes les deux. Physiquement, on ne se ressemble pas. Elle s'appelle Zoé, elle est brune aux yeux marrons et elle fait 1,74m et après il y a moi, Inès, je suis blonde aux cheveux bouclés, aux yeux verts, et je fais 1,64m. On est vraiment différentes, comme le Ying et le Yang. Depuis petites, on est toujours à deux, invitées aux anniversaires à deux, sorties à deux, les premières conneries à deux, tout à deux.
II
Puis vient le moment de l'entrée au collège. Et de deux on est passé à une et chacune on a pris un chemin différent.
Lire la suite
Stella Snelling L'hôpital
It’s been six months since I’ve been at this hospital, half of a year, it seems so long for a ‘’normal person’’, yet so short for me, medically proven to be insane. Tomorrow is the official day I get released. I say released, as if I wanted to go, the words to be exact would be forcing me to leave. As much as I don’t like myself nor the people around me, I have gotten attached to the people in and working in this hospital, my hospital. My world was the psychiatric hospital in itself. I couldn’t remember what life felt like after my accident. My best friend was called Zoe, my only friend that I could talk to endisly. Zoe’s problem was over exercising and never eating, none of the less she was divine, a pure natural beauty.
Read more
Manon Garcia L'Odyssée
On était là, comme deux abrutis, comme deux gamins, à s'aimer, sans doute trop, sûrement d'ailleurs. C'était magique, c'était peut-être un peu trop idyllique, utopique même, s'aimer à notre âge paraissait fou, pour tout le monde, personne ne croyait en notre amour, et pourtant, s'ils savaient. Je venais d'avoir dix-sept ans, elle allait bientôt en avoir dix-huit, dans cinq mois précisément. Cela la rendait heureuse, heureuse de devenir majeure, de devenir une adulte aux yeux de l'état, et d'enfin, être libre. C'était cela dont on rêvait, être libre, tout simplement, comme deux hirondelles parcourant les cieux. Un amour réel et inexorable, mais une peur quotidienne, de finir comme nos parents, sans aucune culture du voyage…
Lire la suite
Marc Bono Une odyssée
- Tu veux que je raconte une histoire ? Celle de ta grand-mère et la mienne, de la guerre, de notre vie en Espagne à notre arrivée en France ?
- Sérieusement ? T'avais jamais voulu m'en parler avant…
- Je sais… Je suis un peu dur et j'aime pas parler de ma vie. Mais maintenant que ta grand-mère est morte, j'ai plus envie de continuer à vivre. Mon cancer ne va pas tarder à me rappeler auprès d'elle. Il faut que tu connaisses mon histoire !
- Je t'écoute.
- Note ce que je vais te dire, vu que je ne sais pas écrire, plus tard tu verras ces lignes et tu te souviendras de moi !
Je m'appelle Salvador, et ceci est mon histoire :
Lire la suite
Mégane Germier Je n'aime pas voyager
Prologue
Je n'aime pas voyager. Dans un sens, ça me fait peur, j'ai besoin de garder ces repères qui me rassurent, puis je me sens plus à l'aise seule.
Quand on voyage, que ce soit près de chez soi ou à l'autre bout du monde, on perd tout. Plus de repères, au-revoir la solitude que l'on chérit tant, et surtout, bonjour les problèmes.
J'ai fait un unique voyage, qui n'était pas désiré.
Départ
Quatorze heures. Le voyage a duré quatorze heures. Et je peux vous dire que quatorze heures de bus c'est long, bruyant, désagréable. Le départ était à dix-sept heures.
Lire la suite
Pierre Armentier Voyage
Ici déposée, le bout de mes doigts recroquevillés au chaud dans ton cou, c’est ici même que commence le périple de ma main.
A peine arrivée sur ton corps, que déjà, c’est dans cette marre de cheveux rouge et lisse qu’elle vient se réfugier, glissant derrière ta nuque encore brûlante, je l’entends, ta respiration qui l’a fait légèrement se plier sous mes doigts.
Les mêmes qui viennent caresser ta joue jusqu’à tes lèvres entrouvertes, je ne vais pas m’arrêter là, ma bouche viendra plus tard s’en occuper.
Tu la sens descendre sur ton épaule, effleurer ton bras frissonnant, jusqu’à se blottir au creux de ta main.
Lire la suite
Shayma El Yaakoubi Guépard
Je me suis toujours sentie au fond de moi comme un guépard, depuis toute petite cet animal m'a toujours fascinée, cela devenait une obsession, je voulais en voir un pour de vrai. Mes parents ont alors décidé de m'amener au zoo mais j'ai été profondément déçue, je le voyais lui et moi nous reflétant, mais de part et d’autre d’une vitre qui nous séparait. Il restait fixe, triste comme un animal de foire, ce n'était pas l'image du guépard que j'avais, l'animal noble et solitaire chassant ses proies dans une course de 100 km/h. Non, il était enfermé dans sa cage comme je me sentais enfermé dans la société. Cela me frustrait énormément. C’était un rêve inabouti.
A 22 ans, je décidais de partir pour l’Éthiopie…
Lire la suite

608

J'étais là, sur ce ferry, pour une seule chose : retrouver le meurtrier de mes parents.
J'avais décidé cela il y a plusieurs mois lorsque j'étais en train de regarder un flyer de cette croisière.
Et maintenant, j'étais là, à attendre l'heure où je pourrai retrouver, torturer et tuer ce connard qui a anéanti la vie de mes parents, détruisant ainsi la mienne.
Allongée sur mon transat, les deux pieds levés vers le ciel, les lunettes de soleil tombées sur le nez, je bouquinai un livre très instructif sur le sujet.
Il s'intitulait Level 26. L'histoire était celle d’un homme complètement timbré qui prenait du plaisir à disséquer des gens.
Arrivé à la moitié de mon livre, je décidai d'aller un peu dans ma chambre pour me préparer à un bal costumé à l'occasion des 30 ans du ferry. L'âge se faisait d'ailleurs ressentir.
En passant dans les couloirs, je vis un chandelier sur une table basse en bois où étaient sculptées des fleurs, plus précisément des roses. C'est censé être joli des roses, mais à moi, cela ne me remémora uniquement d'horribles choses. En revoyant ces roses, je revis mon père à l'agonie se faire exploser la tête par cet enfoiré. Je me rappellerai toujours des bouts de cervelles qui ont giclé contre le mur ainsi que sur le doux visage de ma pauvre mère. J'avais tout observé à travers la fissure de l'armoire dans laquelle ma mère m'avait cachée avant l'arrivée de ce monstre sans cœur. La dernière chose que je vis avant l'arrivée de la police était une rose blanche recouverte de sang tombant délicatement des mains de la femme qui m'avait mise au monde. Je m'en souviens et je m'en souviendrai toujours.

Je secouai la tête et me dirigeai vers ma chambre qui était numérotée « 608 ». Je grimaçai. Cette chambre, je l'avais payée à bas prix, et j'avais compris pourquoi en y entrant.
Un lit une place était disposé au centre de la pièce. Il était recouvert d'une couverture verte qui avait dû déteindre au fil des années. Sur le côté du lit, une table de nuit et un réveil qui, à première vue, ne devait pas être plus jeune que ma grand-mère. Je ne remarquai aucune douche, je supposai donc qu'on devait avoir une douche commune dans le couloir.
Il devait être 19h14 quand je décidai de m'accorder un petit somme et pour cela, j'allai m'allonger sur le lit. Il ne me fallut que peu de temps avant de sombrer dans le cercle vicieux qu'on nomme les rêves mais qui sont pour moi des cauchemars.
Quand j'ouvris les yeux, je me trouvais dans une pièce au milieu de laquelle se tenait un siège en cuir écorché de partout, et tout autour de lui, des étagères comportant chacune au moins une centaine de cassettes qui, à vue d’œil, étaient classées selon les dates.
Soudain un écran géant, qui devait faire au moins deux mètres de haut, s'alluma et commença à diffuser des images mais des images que je ne connaissais trop bien. Les cris de ma mère et le bruit du chandelier heurtant la tête de mon père… C'est à ce moment-là que j’eus le courage de regarder et je m'en félicitais car grâce à ça, je pus apercevoir sur la peau de la main droite de ce putain de psychopathe une magnifique brûlure bien prononcée que maintenant je reconnaîtrais entre mille. Seulement les cris et les pleurs recommencèrent à envahir mon crâne alors je me mis en position fœtale contre le mur en me répétant : « Tu n'as aucune emprise sur moi ce n'est qu'un rêve. Tu n'as aucune emprise sur moi tu n'es qu'un rêve. Tu n'as auc… » et je continuai jusqu'à mon vrai réveil dans mon monde. En me relevant, j'eus quelques vertiges qui me sont habituels et me retrouvais en sueur.
Une fois ma douche prise, je commençai à me préparer. Ce jour-là, pour le bal, j'avais choisi un costume particulier : un cygne noir.
Cette tenue était composée d'une robe noire couleur onyx, de longs gants en soie noire, d'un arlequin qui lui était gris pailleté pour s'accorder à mes escarpins. Une fois prête, ce fut l'heure d'y aller même si je n'étais pas motivée, mais tout simplement déterminée à tuer ce salaud.
Entrée dans la salle, après plusieurs passages devant les trois personnes qui devaient nous fouiller pour je ne sais quoi.
Quelques vers de punch, pour me mettre dans l'ambiance qui, elle, était très décontractée.
Je me laissai alors emporter dans la foule de danseurs. La personne qui m'y avait embarquée était un jeune homme un peu plus vieux que moi qui s'appelait Joshua. On dansait, dansait, et moi je sentais l'alcool me brûler la gorge et j'avais la tête qui tournait, qui tournait, mais ça faisait longtemps que je m'étais pas sentie si bien et posée.
Jusqu'au moment où j'ai eu le malheur de faire pivoter ma tête un peu trop à gauche… Un homme s'esquivait, poussant devant lui un gosse et sa mère dont il enserrait la gorge… Mais ce n'est même pas cela qui m'interpella. C'était une brûlure sur sa main droite…

Alors je vis rouge. Tout autour de moi devint flou et je partis en furie dans la direction où il avait emmené cette pauvre femme et son gosse. Puis je m'arrêtais devant la porte où je les avais vus disparaître…
C'était le placard à balais du concierge. Je donnai un coup de pied dans la porte et entrai en trombe… pour stopper net à la vue ce qui se trouvait dans cet endroit.

Au sol se trouvait la mère, la tête explosée et du sang coulant de sa bouche, mais aussi le petit garçon, penché au-dessus de sa mère et la suppliant de lui répondre malgré le silence de mort qu'elle lui offrait.
Et là je l'aperçus, l'homme qui avait détruit cette femme et ma famille. Alors que j'étais en train de bugger sur cet homme, il me sauta dessus et on se lança dans une bataille sans merci. Lui me donnait des coups de poing et moi je lui arrachais des morceaux de peau à coups d'ongles et de dents.

On continua ainsi jusqu'à ce que j'aperçoive une pelle en fer. Je la saisis et lui assenai un coup assez violent à la base du crâne, point critique : d'ailleurs l'homme s'évanouit. J'en profitai pour le ligoter avec des cordes que je trouvais dans le placard. C'est alors que je pus m'appliquer à lui arracher les ongles un par un ; ensuite je tranchais ses phalanges une par une, ce qui dû le réveiller car il commença à ouvrir les yeux et à hurler.
Quand j'eus fini la main droite, je me décidai à passer à l'étape suivante. Je me plaçai devant lui et lui dis : « Tu es prêt, salaud ?! » Et d'un coup je lui mis le doigt dans l’œil et lui écrasai le globe oculaire. L'homme se débattait et hurlait mais moi j'étais au summum de l'excitation quand tout à coup je vis ma vision se brouiller et sentis ma gorge tranchée et c'est là que je sus que tout était fini…

Il venait de terminer le travail qu'il avait commencé il y avait de cela 11 ans, c'est-à-dire 608 semaines...

Maëlle Ambroise

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Anka

L'horloge affichait 10h20 quand la voiture se gara devant sa maison. Anka sortit aussitôt et déposa sa petite valise noire dans le coffre. Une fois qu'elle fut montée à bord, le conducteur démarra et fila dans les méandres de la vieille ville. Anka se replongea dans les événements de la matinée : « La rentrée avait eu lieu depuis moins d'un mois quand elles vinrent la voir, alors qu'elle était encore seule dans son coin. Elles ont commencé à l'insulter, à se moquer, mais cette année était différente. Anka était décidée à riposter : elle levait le bras pour les frapper quand ce dernier s’enflamma. Les filles en face d'elle prirent peur et partirent alerter le directeur. Durant ce court instant, Anka retrouva son calme, ce qui fit disparaître les flammes et laissa découvrir sa manche brûlée… Le directeur apparut devant elle et lui demanda de le suivre. Quand elle entra dans le bureau, elle aperçut deux hommes. Ils ne déclarèrent que ces quelques mots : « Tu es une Wiccanes et tu dois apprendre à te contrôler… Pour cela, tu as été admise dans une école spécialisée.' » Après cet entretien, elle fut reconduite chez elle pour préparer sa valise et dire au revoir à ses parents. » - Mademoiselle, nous sommes arrivés. Anka sortit de ses pensées et regarda par la vitre. Devant elle se tenait un magnifique château de style gothique, et entouré d'une aura mystérieuse. Aux alentours se trouvaient des plaines et des forêts. - Où sommes-nous ? - Nous sommes en Irlande, devant l'académie d'Astrea. - Hein ! L’Irlande ?! Mais… Le trajet aurait dû être plus long, comment vous avez fait ? Ce ne fut pas le conducteur qui lui répondit, mais un homme d'une cinquantaine d'années. - Vous avez utilisé un passe-partout jeune fille. - Euh… Un passe-partout? - Il s'agit d'un portail spatio-temporel. - Ok… Mais, vous êtes qui ? - Sanir… Sanir Nauthiz, je suis le directeur de l'académie. J'espère que tu as fait bon voyage Anka. - Oh, oui, très bon, monsieur. - Aller suis-moi, je vais te faire visiter. Ils circulèrent dans le bâtiment composé d'innombrables pièces vides, pourtant il y énumérait différents cours, ainsi qu'une grande porte en fer forgé, gravée avec des lettres qui lui étaient inconnues. Le directeur lui interdit de l'ouvrir. Ils continuèrent la visite pendant une bonne heure avant de finir par le bureau du directeur, décoré d'un sol clair et de murs couverts d'étagères. - Bien, maintenant que tu as visité, voici ton emploi du temps, ton uniforme et tes fournitures… Ah, et voici les clés de ta chambre. Le numéro est inscrit dessus. - Merci monsieur. Elle se dirigea vers l'internat et chercha sa chambre, la numéro 143. Une fois trouvée, elle déposa ses affaires sur son bureau et regarda enfin son emploi du temps. Il était principalement composé d’entraînements physiques, de maîtrise de la magie et d'histoire. Chaque cours se déroulait dans des lieux ayant une typographie différente et utile à l'apprentissage de certaines magies. Elle jeta ensuite un coup d’œil à son uniforme, composé d'une jupe plissés noire et d'une chemise blanche ; et à ses fournitures comportant un livre des ombres, un athamé… Elle reposa le tout sur le lit et ressortit de sa chambre pour se déplacer dans l'académie avant de se retrouver devant la porte en fer. Anka étant une grande curieuse, elle l'ouvrit. Derrière, elle découvrit un escalier descendant profondément sous le bâtiment. Plus elle se rapprochait de la fin, plus la chaleur augmentait, jusqu'à devenir quasi insoutenable lorsqu'elle entra dans la pièce. Il s'agissait d'une immense salle circulaire, avec en son centre un cratère rempli de lave en fusion. Elle fût surprise qu'une telle salle existe sous l'établissement. Mais, elle fut prise de panique quand la lave commença à s'écouler hors du cratère. Elle se retourna pour découvrir la porte bloquée par une grille en fer. Pendant ce temps, la lave avait continué de couler et commençait à se regrouper en petits tas, pour finir par laisser place à d'immenses soldats de lave qui s'approchaient d'elle l'épée levée. Alors que les lames de lave la transperçaient et la brûlaient, elle se réveilla en sursaut dans sa chambre. *** Anka pensa que ce n'était qu'un horrible cauchemar. Sachant qu'elle ne pourrait pas se rendormir, elle se leva et se prépara pour partir en cours. Mais quand l'heure de la pause arriva, elle comprit. Ce cauchemar n'en était pas un… Elle revivait encore cette journée.

Léa Froger

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Après le bac…

Nous avions tous 18 ans à l'époque, nous étions de grands amis tous différents mais tous unis par une même passion, celle du skateboard et de son ambiance si familière et chaleureuse, de son esprit de liberté ; le seul problème, nous vivions tous dans des petits villages languedociens, vraiment restreints pour skater avec tous ces spots moisis et les skateparks que nous connaissions comme les doigts de la main. Notre rêve, voyager et skater, des spots dans le monde entier et connaître le plus de gens possible. Notre point de départ serait Barcelone, une des capitales mondiales du skateboard, des spots à perte de vue et une ambiance de folie ! Des personnes du monde entier, qui n'attendaient que nous…

Nous étions tous en Terminale en train de passer ce foutu bac dans la chaleur du mois de juin. Dernière épreuve, celle de philo ! Mais à ce moment nous oublions tout le reste et l'esprit philosophique envahit nos neurones, nous échafaudons des théories, calquons nos thèses sur celles des grands philosophes grecs et tout nous semble pertinent, intelligent, intéressant… L'avenir nous prouvera le contraire.

Au bout de quatre heures de rude exercice cérébral, nous sortons de ce four, nos planches à la main, prêts à nous défouler : mais là, soudainement, devant nous, une camionnette ! Oui, une foutue camionnette ! Digne des plus grands road trips ! Cerise sur le gâteau, elle est là pour nous : le père d'un de la bande la lui prête en récompense pour son permis.
D'un pied ferme, portés par une envie soudaine, nous montons : le monde nous attend, nous avons 18 ans, et nous filons vers Barcelone !

Olivier Kientz

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Combat contre les chimères

Les combats étaient d’une inégalité sans pareille… Les souterrains que nous occupions devenaient bien trop dangereux il fallait bouger d’ici, mais les chimères nous étaient tombées dessus ce jour-là, pendant que John et moi étions dehors en train de chercher quelque chose à se mettre sous la dent. Depuis leur invasion, sortir dans la rue devenait un jeu avec la mort, et ce jour-là elles nous ont repérés. Nous n’étions que deux contre une escouade de six chimères, aucun moyen de prévenir les autres pour avoir des renforts une fois dehors…

On s’était embusqué dans une station-service complètement ravagée, tout comme le reste de la ville. La navette se posait toujours au même endroit mais cette fois les chimères se dirigeaient dans notre direction : John et moi serions morts si elles parvenaient à rentrer dans la boutique de la station. Les pompes à essence tenaient toujours debout : s'il restait ne serait-ce qu’assez d’essence pour créer une explosion, il y aurait alors un espoir. Elles s’approchaient. On ne bougeait pas. J’avais mon arme braquée sur la pompe, j’attendais, elles étaient là, je voyais leurs yeux… Il y avait très peu de chances que la pompe explose mais je tentais…

Rien ne se produisit ? La balle n’était pas assez puissante mais le bruit de la collision contre la pompe attira l’attention des chimères : on avait quelques secondes pour enfoncer la porte derrière nous. John mit alors un coup de crosse dans la porte qui céda aussitôt : un cadavre gisait là, probablement celui de l’homme qui gérait la station-service ; sur l’établi juste à côté tout un équipement, qui serait suffisant pour venir à bout des chimères : elles commençaient à entrer dans la boutique. Une grenade Shrapnel attira mon attention : elle était très efficace, sa fonction était de propulser des éclats capables de mettre au sol n’importe quoi ! Je la saisis, dis à John de se mettre à couvert et la lançai. L’explosion retentit mais certaines piques réussirent à traverser le mur et l'une se logea dans mon épaule droite : je lâchai instantanément mon arme et délogeai cette pique. Je saignais abondamment mais la satisfaction de m’être débarrassé des chimères me fit oublier la douleur.
John et moi sortions de la station alors que notre groupe de survivants fuyait en criant « Elles sont dans les souterrains ! » ; le seul moyen de navigation était en train de se remplir : je voyais ma femme et mon fils embarquer, j’étais rassuré de savoir qu’ils partaient en lieu sûr. En raison des places manquantes, le reste du groupe se faisait exécuter sous nos yeux mais nous combattions, les autres résistants sortaient nous aider au combat ; la navette décolla pour je ne sais où…

Nous perdions des hommes dans les affrontements mais nous dominions ; les balles fusaient ; je ne savais que faire ; j’étais incapable de tenir une arme. Je restais à couvert et donnais des conseils à John : si jeune, il ne maîtrisait pas encore ses armes comme je le faisais. Je saignais trop, je voyais flou, je voyais la fin venir, John commençait à crier victoire : je me laissai donc submerger par la douleur puis plus rien…

***

Je me réveillai étendu sur un lit : aussi inconfortable fût-il, je m’y sentais en sécurité. Des explosions continuaient à faire rage au-dessus de nos têtes ; j’en déduisis que nous étions dans les souterrains. John arrivait en courant, il venait me chercher et me criait de me dépêcher ! Mon épaule me faisait toujours mal, mon bras, lui, ne réagissait pas à mes appels et restait immobile. Je me mis à courir en direction de la sortie tout en suivant mes camarades. Une fois dehors, nous cherchâmes tout en courant un éventuel refuge dans lequel nous pourrions attendre la fin des hostilités. Les tirs et les explosions faisaient rage. On s’approchait d’une maison presque en ruine quand soudain une voix se fit entendre : elle criait « Au secours ! » ; je criai à mon groupe de me suivre, j’étais apparemment le seul à l’entendre. Je courais vers la voix, mettant alors ma vie en jeu. Je m’approchais d’une cabane d'où cette voix semblait provenir, j’enfonçais la porte de la cabane et trouvai le Zerguëi Malikov en personne ! Cet Homme était connu pour avoir réussi à trouver un antidote immunisant les humains au virus chimérien !

Marius Robert

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

L’appart

J'ai envie de paysages enneigés, froids, où l'on serait obligé de se couvrir avec le gros blouson d'hiver, le bonnet qui gratte la tête et l'écharpe moche que mamie m'a tricoté. J'ai envie d'ouvrir grand la bouche pour y laisser entrer les flocons de neiges éparpillés dans le ciel, de les loger sur mon palais jusqu'à ce qu'ils fondent et s'évaporent. Ou peut-être un paysage tropical, oui plutôt tropical, j'ai envie de voir la jungle peuplée d'animaux majestueux, comme le panda. J'aime le panda. J'aime ses couleurs à la fois complémentaires et opposées dispersées sur tout son corps, l’ovale de ses yeux, son agilité. Mais ce que je préfère, c'est sa lenteur, quoi qu'il se passe, le panda est toujours calme et posé, vit au jour le jour, sans même savoir de quoi sera fait le jour d'après, l'heure d'après, la minute d'après, la seconde d'après.

J'ai envie de pissenlits, de champs de lavande dans lesquels je pourrais m'allonger et attendre, attendre que le temps passe, sans me soucier de rien, comme un panda finalement. C'est ça ! Je suis un panda. Du raisin, j'ai envie de goûter le raisin à peine mûr accroché sur les vignes gelées par le froid glacial du mois de septembre. J'ai jamais goûté du raisin de ce beau vert qu'on ne trouve nulle part ailleurs, maman a toujours acheté ce pauvre raisin violâtre trop mûr pour se régaler, touchés par la mélancolie de ne pas verdoyer de bonheur.

J'ai envie de sable, pas le sable rugueux où se cachent bâtons aiguisés, cigarettes fumantes et préservatifs usagés, je veux le sable lisse et doux du Nord-Est de l'Afrique, du Sahara, en Égypte. Ce sable marron. Non, ce sable jaune, frappé encore et encore, indéfiniment par le cercle brûlant qui séjourne dans le ciel. J'aime l’Égypte, mais pas l’Égypte actuelle, plutôt l’Égypte ancienne, une Égypte mystique, colorée, festive, une Égypte comme je l'ai vue sur les livres, avec des pharaons aux regards séducteurs vers l'horizon, des parures dorées et des vêtements de soie onéreux glissant sur le corps de belles déesses telles Isis ou Meret.

J'ai envie de pluie, pas la pluie abondante qui coule lentement dans le creux du dos à travers le pull en laine, mais la chaude brume qui se forme en perles sur mes cheveux, comme celle sortant de l'arroseur automatique du jardin.

Le problème, c'est que maman m'a dit que c'était impossible, que la pluie ne peut cohabiter avec la neige, que la neige ne peut partager son territoire avec le sable chaud, que la lavande ne pousse pas dans les jungles luxuriantes. Oui, maman m'a dit qu'un tel lieu n'existe pas, qu'il n'y a que dans ma tête que ceci peut être possible et qu'il faut choisir. Je suis resté sur mon lit pendant des heures et des heures, me demandant quel paysage je préférais par-dessus les autres ; le choix fut long, très long.

C'est alors que l'infirmière entra dans ma chambre et me demanda comment je me sentais en ce jour. Je n'ai pas répondu, trop occupé à réfléchir. Elle amena un chariot, le plaça à côté de mon lit, prit une seringue et une espèce de liquide translucide. Du coin de l'œil, je la voyais remplir méticuleusement la seringue. Une fois pleine, elle l'approcha de mon bras droit et chercha une veine, la plus bleue de toute, la plus grosse aussi, celle qui mériterait ce liquide inconnu, et qui en subirait les conséquences. D'un coup sec, elle me planta la pointe de la seringue, et y versa tout le contenu, une douleur vive me prit et m'empêcha de me débattre.
Inconsciemment, je lui dis :
« Je sais finalement où je vais voyager quand je sortirai, j'irai en… »
Mais à peine ai-je eu le temps de commencer ma phrase qu'elle m'interrompit :
« Enfin, monsieur, nous savons tous les deux qu'il n'est pas possible que vous sortiez de l'établissement, reposez-vous et laissez les calmants agir, vous n'avez qu'à penser à votre si beau voyage ici », fait-elle en me tapotant le crâne, « … Dans votre tête. »

Hugo Fabre

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Voyage, nouvel exil ?

Dans ma famille, nous ne voyageons pas beaucoup. Nous n'aimons pas trop cela, ça nous fait peur. C'est à cause de l'histoire que mon grand-père a vécue. Il est d'origine espagnole et a grandi à Valencia. Tout le monde sait à peu près l'histoire de l'Espagne avec la dictature de Francisco Franco et la Guerre civile entre les Nationalistes et les Républicains. Heureusement, mon grand-père a réussi à quitter l'Espagne avant la guerre :

« On sort du train. On monte dans des camions, on est entassés. On est emmenés à la prison de Barcelone. On est nourris et ensuite renvoyés à Valencia. A ce moment-là, je n'y comprenais rien, j'avais huit ans. On était venus voir mes frères qui travaillaient dans une ferme près de Barcelone.
A Valencia, ma mère m'envoie travailler pour me nourrir, je garde les troupeaux de vaches et je les trais, lorsque mes journées sont finies, « El jefe » me donne un morceau de pain.
En 1957, j'ai réussi à quitter l'Espagne avec ma famille. Nous nous sommes réfugiés en France. Vivre en Espagne n'était plus possible, le pays était sous la dictature de Franco.
En arrivant en France, j'avais 10 ans, je suis allé travailler, j'ai fait les vendanges, je devais nourrir ma famille. J'ai appris la langue française en pas longtemps, en allant à l'école.
Vers 17 ans, j'ai rencontré une jeune femme, elle avait le même âge que moi. Nous sommes devenus amis. Plus tard, une peintre a fait son portrait. C'est là que… je suis tombé amoureux d'elle. Avec mon ami, on a été en concurrence pour parvenir à notre fin. Finalement, elle a accepté un déjeuner en tête à tête avec moi.
Aujourd'hui encore, nous sommes toujours mariés. »

Le seul voyage que j'ai pu faire et dont je me souviens bien, c'est la fois où je suis allée en Espagne pour la première fois avec mes parents et mes frères. Au début, j'hésitais à y aller mais je veux découvrir le pays natal de mes grands-parents, leurs traditions, les paysages magnifiques, tout.

Avant de prendre la route réellement, nous sommes allés chez mes grands-parents pour qu'ils nous gardent Yoshi durant quelques jours. C'est un basset fauve de Bretagne. Lorsqu'on a déposé le chien et que nous commençons à partir, je me retourne dans la voiture et regarde mon chien. Il a des yeux de chien battu, il ne comprend pas pourquoi on part sans lui. Il a dû se sentir abandonné. J'avais les larmes aux yeux même si je savais que j'allais le retrouver d'ici quelque temps.
Sur le chemin, j'avais mon hamster sur les genoux, j'y tiens tellement. Je l'emmène avec moi pour lui faire découvrir l'Espagne à lui aussi. Durant le trajet, déjà très loin de notre petit village, très loin de notre département, je vois des éoliennes, je dis à mes parents : « Oh, regardez, c'est les éoliennes que l'on voit de la maison ! ». C'était impossible ! Ils ont rigolé pendant un quart d'heure. Sur le coup, je n'ai pas compris, j'étais jeune, j'avais 11 ans. Aujourd'hui je suis toujours aussi bête mais bon… un peu moins. Fin, je l'espère.
A notre arrivée, nous avons déposé nos affaires et sommes tout de suite allés nous promener pour visiter le village mais nous ne savions pas où nous étions. Le paysage était magnifique. Nous étions en été mais il y avait un petit vent frais agréable. Il y avait une petite rivière et mes frères sont allés se tremper les pieds. Ils sont allés en haut de la toute petite cascade. C'est là que je les ai vus se pencher en avant et crier : « Oh regarde, c'est une écrevisse ! »
Mon grand frère m'a dit : « Estelle, enlève ton tee-shirt ».
Je n'ai pas compris, en plus, je ne voulais pas, mon tee-shirt était tout neuf, ma mère venait de me l'acheter et j'allais me retrouver en soutien-gorge. A ce moment-là, je n'avais pas grand-chose à montrer mais tout de même. Alors j'ai répondu : « Mais pourquoi faire ? Prends celui à Guillaume. ».
Mon petit frère a enlevé son tee-shirt en marmonnant dans sa barbe. A cette période-ci mon grand frère était en train de regarder tous les épisodes de Man vs Wild. Il a donc trouvé un morceau de bois, pris le tee-shirt et construit une épuisette artisanale en deux minutes.
Ils ont donc finalement attrapé cette écrevisse tant bien que mal. En rentrant à la maison, nous l'avons montrée à nos parents, on voulait la faire griller et la manger. Mais il n'y en avait qu'une seule pour sept. De plus, il est interdit de ramasser des écrevisses.
Après avoir mangé, nous sommes allés ramener l'écrevisse dans son milieu d'origine, nous étions tristes, nous nous voyions déjà faire une grillade pour le dîner.
Le soir, nous avons déballé nos affaires, avons fait nos lits et nous avons enlevé les toiles d'araignées. Mon Dieu, j'ai peur des araignées. Une fois, j'étais dans mon lit et il y en avait une juste au-dessus de ma tête. Ça faisait pas mal de temps que personne n'était allé en vacances dans cette maison. Effectivement, elle appartenait à mon oncle et ma tante. Au moment de nous coucher, mon grand frère s'installe dans le lit et on entend crac. Il venait de casser une latte. Son matelas n'était pas assez épais. Nous ne l'avons dit à personne, nous ne voulions surtout pas nous faire gronder. Du coup, on a échangé nos lits, comme j'étais moins lourde, j'ai pris le moins confortable mais je sentais les lattes dans mon dos quand j'étais allongée. Il n'a pas voulu me redonner mon ancien lit…
Le lendemain, après une nouvelle balade, nous sommes allés jouer à la pétanque avec ma famille. Nous avons passé un agréable moment mais au fur et à mesure, avec mon grand frère, nous nous sommes disputés avec nos parents. Ils nous critiquaient sans arrêt, « Non, ce n'est pas ça » ou « Non, on ne fait pas comme ça ». Alors nous sommes partis nous promener. Nous avons encore une fois vu des écrevisses mais les avons laissées. Nous sommes allés nous asseoir sur un banc à côté de la mairie pour capter la wifi. Hé oui, à la maison, il n'y avait pas internet, ni télévision, c'était dur de vivre sans pendant quelques jours.
Le matin avant de partir, nous sommes allés au marché du village. Nous avons rencontré des amis à mes parents. Je leur ai raconté notre pêche et ils m'ont dit qu'ici cette espèce d'écrevisse était nuisible et que l'on pouvait les ramasser. Après avoir entendu cela, nous étions démoralisés. En effet, pendant notre séjour, nous avions vu d'autres écrevisses dans la rivière. En quelques heures, nous aurions pu faire au moins sept écrevisses pour dîner. Mais il était trop tard, on devait rentrer à la maison.
Durant le trajet du retour, nous étions tous déprimés, nous ne voulions pas rentrer. Nous avions passé un super séjour. J'espère qu'un jour, nous pourrons y retourner en famille.

Estelle Montesinos

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

La Fugue

Juridiquement Scylla n'avait jamais accouché de Pénélope. Mais Pénélope était là. Une petite famille. Scylla, Cherybde et Pénélope vivaient dans le vieil appartement des parents de Scylla et Cherybde. Selon le souhait de ses parents, Pénélope, comme eux, y grandirait et y mourrait. Elle y fonderait une famille, si elle venait à avoir un petit frère.
La famille avait l'air d'une famille de vampires qui avait passé des siècles dans un sombre appartement. Parfois Scylla sortait. Elle était la plus à l'aise des deux avec le monde extérieur. Cherybde, lui, vivait sur le canapé de cuir, chaud en été, froid en hiver. Il y mangeait, y regardait la télé et y dormait ; prenant de plus en plus de place de jour en jour.

Pendant ce temps, Pénélope grandissait.

Un jour Cherybde s'arrêta de vivre.
Mais cela ne sautait pas aux yeux, tant il était à son habitude : immobile et silencieux.
D'ailleurs le cadavre aurait pu se décomposer, l'odeur dans cet appartement ne pouvait être pire.
Malgré tout cela, Scylla, deux jours après, s'en rendit compte. Sous le choc, elle s'assit sur le peu de place que lui laissait Cherybde sur le canapé. Une chance, elle était très maigre.
Elle se caressait des mèches de cheveux qui tombaient une à une de son crâne.
Un peu plus d'une semaine plus tard, Scylla devenue chauve, ne bougeait plus du canapé. Elle ne réagissait même plus aux cris que poussait Pénélope qui ne savait pas parler à 12 ans.

Pénélope ne trouvait plus rien à manger. Sa mère ne désirant apparemment plus se nourrir, l'enfant décida de faire comme sa maman lorsqu'il n'y avait plus à manger. Elle sortit de l'appartement imitant les gestes de Scylla. Elle enfila le manteau de cette dernière, pendu derrière la porte. Une fois sur ses épaules, le vêtement traînait comme une longue robe derrière elle.
Peu à peu elle découvrit les différentes couleurs, les différentes odeurs et les différents bruits de l'extérieur. Pénélope naissait enfin.
Le vent soufflait doucement, juste de quoi faire légèrement danser les feuilles.
Les rayons du soleil commençaient à lui brûler le visage. Elle se réfugia sous un aulne blanc.
Trente secondes à l’extérieur : elle ne savait plus d'où elle venait, ce qu'elle faisait là. Elle n'avait plus faim et avait déjà oublié ses parents. Elle se retrouvait dans un monde inconnu dans lequel elle n'existait pas.

Pénélope était invisible. Personne ne la remarquait. Elle se servait sur les étals du marché, dormait dans les parcs, jamais personne ne lui prêtait attention.

Le 16eme jour, elle s'était glissée dans la petite cour d'un hôtel pour faire de la balançoire. Là, elle rencontra Aodh, un violoniste irlandais qui la recueillit. À présent, Pénélope se servait sur les étals pour nourrir deux bouches, pendant qu'Aodh jouait le long des quais bordelais. Cela lui permettait de mettre de l'argent de côté, pour pouvoir un jour repartir en Irlande rejoindre sa fiancée. Pénélope ne comprenait pas pourquoi il avait envie de partir alors qu'ils étaient heureux. Elle n'avait jamais aimé quelqu'un comme elle aimait Aodh. Mais celui-ci ne lui laissa pas le choix, un mois et demi après sa fugue, Pénélope se retrouva seule.
Elle côtoya beaucoup de vagabonds. Certains buvaient tellement qu'elle pouvait prendre le peu d'argent qu'il y avait dans leurs casquettes, sans qu'ils ne s'en rendent compte. D'autres partageaient d'eux-mêmes avec elle.

Un soir où il pleuvait, Pénélope se réfugia sous un pont. Deux chiens et leur maître vivaient là. L'homme s'avéra plutôt accueillant. Il lui donna à manger et à boire, mais il n'avait que de l'alcool. Pénélope fut malade pendant plusieurs jours. Déjà très pâle, à la voir malade on l'aurait crue mourante.
Elle erra le long des terrasses avant d'être recueillie par une vieille veuve, bourgeoise. Celle-ci vivait seule dans une grande propriété près de Bordeaux. Pénélope ne le savait pas encore, mais en la voyant pour la première fois, Madame de Mercœurs avait déjà décidé de l'adopter.

Louison Gallego

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Le banquier, la voiture et le voleur

Il était fils de banquier, son avenir avait été consciencieusement planifié par son père. Plus tard il remplacerait son père à la tête de l'entreprise familiale. Seulement voilà, il rêvait de voyager, de découvrir le monde comme tout jeune homme de 20 ans.
Il voulait devenir inspecteur et son talent de déduction était impressionnant.

Il marchait dans la rue, réfléchissant à son avenir imposé. En regardant au sol, il remarqua des traces, des traces d'une voiture qui avait brusquement accéléré : la personne qui était au volant devait fuir ou en tout cas était partie précipitamment. Les marques de gauche était plus marquées et noires que celles de droite : les traces étant droites sur plusieurs mètres, cette anomalie ne pouvait être due à un brusque virage de la voiture. Il en déduisit que la voiture transportait une charge conséquente du côté gauche. En suivant les traces, il trouva sur le bas-côté de la route une liasse de billets de 100. Tout en continuant son investigation, il observa sur un réverbère du côté droit de la route des traces rouges de peinture avec des morceaux de métal ; la voiture était donc rouge et abîmée sur son flanc gauche. Vraisemblablement, elle venait de servir à la fuite d'un cambrioleur…
Plus tard, il rencontra des policiers. Il énuméra les indices qu'il avait recueillis. Comme tout était juste, les policiers l’arrêtèrent pour complicité : un homme avait volé une voiture après avoir braqué une banque. Ironique, n'est-ce pas ?

Libéré après que son père eut prouvé son innocence en lui fournissant un alibi, le jeune homme comprit que de trop savoir pouvait être dangereux…

Claire Laurent

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Le Voyage de Claudius

Tout a plus ou moins commencé lorsque nos dirigeants ont provoqué les Grecs. Le temps de préparer les vivres, les armes et armures, les chevaux, et nous sommes déjà partis.
Rome – Grèce à pied. Avec je ne sais combien de kilos d'équipement.

Une semaine plus tard nous voilà enfin sortis d'Italie, la pluie, le vent, je ne devrais pas me plaindre, c'est rare en Italie, mais j'en ai déjà marre. A voir les visages des autres légionnaires, personne ne sait vraiment pourquoi nous avons quitté nos femmes et nos fermes ; nous savons seulement contre qui nous nous battrons, mais je suis sûr que les Grecs eux-mêmes ne connaissent rien des raisons de la guerre.

Un mois. Les provisions manquent, nous achetons des vivres un peu partout dans les pays Baltes, mais ce que nous ne savons pas, c'est que les Grecs sont tout proches.

C'est la nuit, nous sommes dans le camp, dans nos tentes, soudain j'entends les chevaux hennir et cavaler, j'entends les cris des villageois à l'autre bout de la plaine. A travers la toile de la tente, je vois des feux s'agiter dans tous les sens, des cris horribles encerclent le camp, je prends mes armes, je me mets en formation avec les autres légionnaires de ma centurie. A peine sortis, une salve de flèches enflammées tombe du ciel, cinq de mes camarades meurent, sans savoir par qui, ni pourquoi…
Je vois, tout autour de moi, les Centurions et les légionnaires se faire transpercer, couper en morceaux dans les flammes. Du feu surgit un lancier porté par un cheval. Par réflexe, je lève mon bouclier, malheureusement sa lance le transperce violemment, casse mon bras, et me fait tomber au sol.
A mon cri, « PILUM ! » un légionnaire me porte secours et transperce le Grec avant se faire piétiner par le cheval…

Ma légion : Décimée.
Mon camps : Brûlé.
Mon bras : Cassé.

Et moi au sol, sonné, je vois du coin de l'œil les Grecs tout piller sans pouvoir rien faire. Je commence à vaciller : « Pourquoi en sommes-nous là ? Les Grecs n'étaient pas nos ennemis, même pas un danger… »

Puis je distinguai notre consul serrer la main du chef grec. Je venais de comprendre, nous n'étions que des pions dans un jeu qui venait de finir.

Florian Tésio

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Les sœurs jumelles

I

Notre vie à deux commence le 2 octobre 1998. Le jour de notre naissance à toutes les deux. Physiquement, on ne se ressemble pas. Elle s'appelle Zoé, elle est brune aux yeux marrons et elle fait 1,74m et après il y a moi, Inès, je suis blonde aux cheveux bouclés, aux yeux verts, et je fais 1,64m. On est vraiment différentes, comme le Ying et le Yang. Depuis petites, on est toujours à deux, invitées aux anniversaires à deux, sorties à deux, les premières conneries à deux, tout à deux.

II

Puis vient le moment de l'entrée au collège. Et de deux on est passé à une et chacune on a pris un chemin différent. J'avais une imagination débordante de création, ce qui me faisait rêver, du coup j'avais toujours la tête dans les nuages en cours. Je m'étais fait une bonne amie, Célia, avec qui on parlait beaucoup, surtout pendant les cours de mathématiques, la matière qu'on détestait le plus, la plupart du temps on dessinait, discutait de créations de bijoux ou de couture et de nos nouveaux projets.
Zoé de son côté se prenait pour une gangsta refoulée. Elle s'était fait deux super copines qui avaient une grande gueule ; n'empêche que Zoé était très influençable. Elle devenait de plus en plus agressive avec les gens qu'elle aimait. Cette agressivité venait de son manque de confiance, c'était pour elle une protection, une carapace. Je me souviendrais toujours quand je venais la voir et qu'elle se trouvait avec ses potes, elle m'envoyait balader, mais quand elle venait vers moi, elle était la personne la plus gentille au monde. Franchement je ne savais pas sur quel terrain jouer, si je devais m'y faire ou mordre à l'hameçon. Elle devint étrangère à mes yeux, comme opposée, un sentiment de rejet réel nous détruisait, sans le savoir.

III

Après avoir redoublé ma sixième, j'ai dû surmonter l'immaturité des personnes qui m'entouraient en classe, alors qu'il n'y avait qu'un an qui nous différenciait. Plus je grandissais, plus je m'assagissais, je prenais confiance en moi. J'apprenais à me connaître et réussissais à avouer que j’étais dyslexique, un énorme progrès pour moi, c'était mon complexe. Je me confiais plus à Margaux, ma grande sœur, qui a toujours été là pour Zoé et moi et on lui doit beaucoup. La distance entre Zoé et moi se ressentait. On faisait moins de choses à deux, elle avait ses potes, et moi les miens. On avait toutes les deux changé.

IV

Je rentrais en troisième et Zoé en seconde. Le fait qu'elle change d'établissement pour aller au lycée, ça lui avait ouvert les yeux, sur le fait que je n'étais plus là. Même si notre relation avait changé de trajectoire, elle allait vers l'inconnu, toute seule. Par la suite au fil du temps on s'est retrouvées. Zoé était dans une filière professionnelle, malgré elle. Je dis ça, car en troisième on doit faire un choix d'orientation pour nos études, si on veut partir au lycée ou faire un CAP. Sa professeur principale lui avait dit que c'était mieux pour elle de partir dans une filière professionnelle, Zoé prit la décision de partir dans cette filière. Il s'avère que Zoé avait les capacités de partir dans une filière Générale. Un conseil : n'écoutez que votre intuition. Victor Hugo a dit : « On tient pour suspectes l'induction et l'intuition ; l'induction, le grand organe de la logique ; l'intuition, le grand organe de la conscience ». Déjà déprimée dès la rentrée. Elle ne connaissait personne, elle avait de nouveaux professeurs et de nouvelles têtes l'entouraient. Elle avait tout de même réussi à s'intégrer rapidement dans sa classe et avoir de nouveaux amis dès les premiers mois.

V

Elle réalisait que je l'attendais, mais je n'allais pas faire le premier pas, et cependant elle ressentait un réel manque affectif. Elle partait du bon pied pour venir vers moi et je faisais de même. On réussissait à redevenir chacune la confidente de l'autre, on se retrouvait, et on retrouvait nos petits moments à deux. Le matin on empruntait deux chemins différents pour aller en cours, mais le soir on se retrouvait sur la même route.
Et chaque soir maintenant on a nos petits rituels, même si on est fâchées, ou pas, on se rejoint dans la salle de bains, moment très sacré, et on parle, on chante et on rigole et on se retrouve comme avant, à deux.

Inès Monnereau

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

L'hôpital

It’s been six months since I’ve been at this hospital, half of a year, it seems so long for a ‘’normal person’’, yet so short for me, medically proven to be insane. Tomorrow is the official day I get released. I say released, as if I wanted to go, the words to be exact would be forcing me to leave. As much as I don’t like myself nor the people around me, I have gotten attached to the people in and working in this hospital, my hospital. My world was the psychiatric hospital in itself. I couldn’t remember what life felt like after my accident. My best friend was called Zoe, my only friend that I could talk to endisly. Zoe’s problem was over exercising and never eating, none of the less she was divine, a pure natural beauty. She was the only one that knew exactly what to do when I started to feel bad, which effectively led to panic attacks. The day she left me, I did something that I consider as normal, contrary of what anyone else would think. I was grieving and I wanted to represent the pain physically, but the cuts were never deep enough to show what was going through my mind and what was not simultaneously. Counting down the hours were painful just thinking about it. The feeling was like the first baby steps, taking a risk not knowing if I was going to walk or fall. Not being conscious of what is waiting for me on the outside. Starting from the moment I left home life around me stopped, everybody stayed the same. In my mind no one was alive but me, unfortunately. I don’t hate life, I just hate what I bring to it and the problems to the people dearest to me. I bring hatred and misery in my steps. And everywhere I persue, and my will is never strong enough to stop it. I’m a virus and as everyone knows, to stop a virus you have to get rid of it.

Ca fait six mois que je suis ici, dans cet hôpital, la moitié d’une année ; c’est bien long pour une personne normale, mais pour moi, qui, c’est médicalement prouvé, suis folle, c’est pourtant trop court. C’est demain officiellement qu’on me « libère ». Je dis « libère » comme si j’avais envie de partir, mais il serait plus exact de dire qu’on m’oblige à partir. Autant je n’aime ni moi, ni le monde autour de moi, autant je me suis attachée aux gens qui vivent et qui travaillent dans cet hôpital, mon hôpital. L’hôpital était pour moi le monde entier. Je ne me souviens plus de ce qu’était la vie avant mon accident. Ma meilleure amie s’appelait Zoé, la seule amie à qui je pouvais parler sans fin. Le problème de Zoé, c’était qu’elle faisait trop de sport et ne mangeait jamais, mais elle était divine, d’une beauté pure et naturelle… Elle était la seule qui savait exactement quoi faire quand je commençais à me sentir mal, et que j’allais avoir une crise de panique. Le jour où elle m’a quittée, j’ai fait quelque chose que je considère comme normal, contrairement à ce que tout le monde penserait. J’étais abattue et voulais donner corps à ma souffrance, mais les entailles n’étaient pas assez profondes pour montrer ce qui habitait mon âme, et en même temps ce qui n’y était pas.
Egrainer les heures était douloureux, y penser simplement l'était. J'étais comme un bébé qui fait ses premiers pas, affrontant le danger sans savoir si j'allais marcher ou tomber. Sans savoir ce qui m'attendait au-dehors.
A partir du moment où j'ai quitté la maison, la vie autour de moi s'est arrêtée, tout s'est figé. Dans ma tête, personne n'était en vie, sauf moi, malheureusement. Je ne hais pas la vie, mais juste ce que j'y apporte, et les problèmes que je cause aux personnes qui me sont les plus chères.
Je porte la haine et la misère dans mes pas. Et partout où je vais, je n'ai pas assez de volonté pour arrêter ça. Je suis un virus, et comme chacun sait, pour arrêter un virus, il faut s'en débarrasser…

Stella Snelling

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

L'Odyssée

On était là, comme deux abrutis, comme deux gamins, à s'aimer, sans doute trop, sûrement d'ailleurs. C'était magique, c'était peut-être un peu trop idyllique, utopique même, s'aimer à notre âge paraissait fou, pour tout le monde, personne ne croyait en notre amour, et pourtant, s'ils savaient. Je venais d'avoir dix-sept ans, elle allait bientôt en avoir dix-huit, dans cinq mois précisément. Cela la rendait heureuse, heureuse de devenir majeure, de devenir une adulte aux yeux de l'état, et d'enfin, être libre. C'était cela dont on rêvait, être libre, tout simplement, comme deux hirondelles parcourant les cieux. Un amour réel et inexorable, mais une peur quotidienne, de finir comme nos parents, sans aucune culture du voyage, avec une énorme monotonie qui finira par les séparer. Nous ne voulions pas d'une vie sans surprises, mais bien profiter de l'intensité de la vie, des plus beaux paysages et vivre l'inattendu. Avec quelques petits jobs précaires, nous avions pu réussir à atteindre une merveilleuse somme, synonyme de départ.
Il faisait doux pour ce petit matin de décembre, trois degrés au compteur, assez pour ne pas frissonner, sinon d'excitation. Nous nous rendions à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle pour embarquer vers l'inconnu ! Un nombre de personnes innombrables, incalculables était là, grouillant de tous côtés. La foule l'effrayait, mais j'étais là, depuis longtemps et pour toujours, j'étais là pour elle. J'aurais aimé savoir ce qu'il se passait dans l'esprit de ces autres voyageurs, savoir où ils allaient, et surtout, dans quel but. C'était notre tour, il fallait annoncer la destination, ou bien présenter ses billets. Le réflexe de demander le prochain vol pour n'importe quelle destination m'est venu, ne pas savoir où aller, ne rien prévoir était le principal dans cette histoire outre le fait d'être à ses côtés, qui m'était, et m'est indispensable. La jeune femme brune derrière le guichet me confia deux billets retournés, aller-simple, le sourire aux lèvres et un merveilleux « Bon voyage ! », cette fois bien réel me fit tressaillir d'émotion et d'impatience. L'impatience de me sentir ailleurs. C'était le moment, le départ du vol AM6507 prévu à dix heures et vingt minutes à bord du BOEING 737-900 à destination d'Amsterdam. Toutes les langues, tous les accents se mélangeaient à présent… Tel un puissant oiseau, l'avion décolla de cet aéroport, et chaque minute nous rapprocha de notre but ultime.
Après environ une heure et demie d'attente insoutenable, nous arrivions, épuisées, à destination. Il était près de midi sur ma montre réglée à l'heure de la capitale, et de légères gouttes d'eau se déposaient sur nos bagages et nos anoraks. Parmi nos affaires, nous avions pour chaque saison, et chaque température, mais ici, il ne faisait guère plus froid que chez nous. Amsterdam, nous étions à Amsterdam, pour une durée indéterminée. Aussi folles que des enfants de quatre ans à l'ouverture des cadeaux de Noël. Là-bas, l'air était différent, les gens aussi. Tout. Arrivées à destination, et laisser le chemin nous guider à présent pour choisir un logement, de dernière minute, des quartiers, des monuments à visiter, laisser l'inspiration et l'intuition nous mener. Elle était heureuse, et la voir pleinement épanouie me rendait folle, elle était belle, comme le soleil, comme une demi-lune, merveilleuse même.
Nous avions dormi dans une jolie petite auberge de jeunesse pour une vingtaine d'euros, petit-déjeuner compris. La nuit fut belle, remplie d'amour. Je n'oublierai jamais cette nuit fauve à ses côtés, avec son joli sourire et son regard amoureux. A présent, nous nous apprêtions à rentrer dans la maison d'Anne Frank, lorsqu'elle se retourna et m'embrassa fougueusement, me remerciant d'être à ses côtés.
Trois jours s'écoulèrent, à goûter tous les plats, faire des balades en vélo, profiter de la ville. Puis nous avons rencontré Sylvia, une jolie jeune femme italienne, en vacances comme nous : elle nous raconta ses voyages à Vienne, ses aventures, et la beauté des paysages autrichiens. Cela nous attirait.
Au bout de huit jours de bonheur absolu, re-désir du départ, les bagages prenaient forme : c'est ainsi que nous quittâmes Amsterdam, riches de nos souvenirs et d'une nouvelle espérance, celle d'une nouvelle destination.
Arrivées à l'aéroport, nous connaissions cette fois-ci notre prochaine escapade, nous partions à présent pour Vienne.

Manon Garcia

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Une Odyssée

- Tu veux que je raconte une histoire ? Celle de ta grand-mère et la mienne, de la guerre, de notre vie en Espagne à notre arrivée en France ?
- Sérieusement ? T'avais jamais voulu m'en parler avant…
- Je sais… Je suis un peu dur et j'aime pas parler de ma vie. Mais maintenant que ta grand-mère est morte, j'ai plus envie de continuer à vivre. Mon cancer ne va pas tarder à me rappeler auprès d'elle. Il faut que tu connaisses mon histoire !
- Je t'écoute.
- Note ce que je vais te dire, vu que je ne sais pas écrire, plus tard tu verras ces lignes et tu te souviendras de moi !
Je m'appelle Salvador, et ceci est mon histoire :

Je ne sais pas quand je suis né, tout ce que je sais, c'est que j'ai vu le jour à Tavernes près de Valencia en Espagne. Mon père était un socialiste et donc ennemi de Franco. Pour éviter d'être repéré, il s'était enfui dans la montagne environnante avec quelques maquisards où ils mettaient au point des plans visant à combattre Franco. Dès mon plus jeune âge, j'étais chargé avec des amis de prendre des provisions et de les apporter de nuit aux maquisards. J'ai fait cela jusqu'au jour où la police a débarqué dans la place centrale du village, juste en face de l'église. Ils emmenaient avec eux quatre prisonniers encapuchonnés. Lorsqu'ils ont retiré leur sac, j'ai reconnu l'un d'eux : c'était mon père. Les exécutions étaient monnaie courante ici, mais lorsque j'ai reconnu mon père, j'ai manqué de m'écrouler. J'ai pas écouté ce que disait le policier quand il a appuyé son arme sur la tempe de mon père, j'ai entendu que la détonation. Quelques mois plus tard, ma mère mourut de chagrin et alla le rejoindre auprès de Dieu. Oui, je crois en Dieu, mais je hais l’Église, ils étaient du côté de Franco, ceux qui ont tué mon père. J'étais donc livré à moi-même. J'ai commencé à travailler à la vigne et aussi en tant que maçon. Je dormais dans la rue. Je savais qu'il ne me restait plus beaucoup de temps à vivre si je continuais comme ça. La guerre finie, Franco avait écrasé la rébellion, mais la famine s'installa en Espagne. Je n'ai donc eu d'autre choix que de m'engager dans l'armée, celle qui avait tué mon père, pour survivre. Je suis arrivé à Valencia où j'ai rencontré la femme de ma vie : Dolores, très catholique malgré sa haine envers Franco, qui avait vu le jour à Avanilla dans la région d’Alicante. Son père était mort à la guerre et sa mère d'une grippe. Elle s'est retrouvée orpheline à 8 ans et a été contrainte de devenir servante. Lorsqu'elle a atteint la majorité, elle est venue vivre à Valencia. Après quelques années de vie commune, on a eu un enfant. Malheureusement, il nous a quitté 4 mois plus tard suite à la maladie bleue. On s'est enfin enfui en France, à Bédarieux. On s'est vite rendu compte qu'on était pas arrivés au paradis qu'on espérait. Là, nous avons eu quatre enfants : deux filles, Marie-José et Janine, ainsi que deux garçons, Michel et Paul. Ma femme, mes enfants et moi, on a été victimes de racisme et d'insultes du genre « Bande de profiteurs », « Espagnol de merde », « Vous profitez de notre argent ».
Alors que j'ai passé ma vie à travailler comme un chien, je pénaillais à nourrir mes enfants pour entendre ça, je faisais le travail que les Français ne voulaient pas faire ! Je hais le racisme. Mes enfants sont aujourd'hui mariés et ont des enfants. Ma femme est morte il y a 4 mois suite à un cancer du pancréas. Assis sur ce lit d’hôpital, je sais qu'il ne me reste plus beaucoup de temps non plus, j'ai un cancer du foie et je ne peux plus marcher. Je t'ai fait ce court récit pour raconter ma vie, certains appellent ça une « odyssée » mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

***

J'ai toujours trouvé très important le fait de bien connaître ses origines. Comprendre d'où l'on vient pour savoir où l'on va. J'ai des origines néerlandaises et espagnoles, et je sais combien cela sera important dans ma vie, le fait d'être le fruit de deux cultures et histoires complètement différentes. C'est parfois difficile car on a du mal à trouver son identité, mais cela reste très important, son histoire en est un exemple poignant. Je n'oublierai jamais tout ce que m'a raconté mon grand-père, cela restera ancré en moi à jamais.

Ça fait maintenant 7 ans que mon grand-père est mort. Aujourd'hui, je peux lire ce texte avec du recul et un regard plus profond. Je me rends compte de la difficulté à laquelle était confronté mon grand-père et la plupart des immigrés espagnols (et d'autres immigrés à cette époque et encore aujourd'hui où le racisme est très présent). Je n'ai pas essayé d'enjoliver ce qu'il m'a dit, de rendre ses propos plus littéraires. J'ai cherché à rester sobre, écrire mot pour mot ce qu'il m'a dit. C'est ce qu'il aurait voulu, vu qu'il ne savait ni lire ni écrire, il ne voulait pas le cacher. C'est comme une cicatrice, un symbole de sa souffrance passée, il a toujours assumé ce qu'il était sans chercher à passer pour quelqu'un de meilleur, mais pour moi, c'est une source d'inspiration. Je l'admire très sincèrement, il n'y a pas un jour où je ne pense pas à lui. Il représentait l'esprit espagnol à son apogée : La Fierté. J'espère que personne ne vivra plus une telle histoire car elle a rendu mon grand-père rude et méfiant malgré son grand cœur. Paix à son âme.

Marc Bono

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Je n’aime pas voyager

Prologue

Je n'aime pas voyager. Dans un sens, ça me fait peur, j'ai besoin de garder ces repères qui me rassurent, puis je me sens plus à l'aise seule.
Quand on voyage, que ce soit près de chez soi ou à l'autre bout du monde, on perd tout. Plus de repères, au-revoir la solitude que l'on chérit tant, et surtout, bonjour les problèmes.
J'ai fait un unique voyage, qui n'était pas désiré.

Départ

Quatorze heures. Le voyage a duré quatorze heures. Et je peux vous dire que quatorze heures de bus c'est long, bruyant, désagréable. Le départ était à dix-sept heures. J'avais accepté de faire ce voyage pour faire plaisir à mes amies. On avait tout prévu : pique-nique pour le repas du soir, un régiment de bonbons pour la route, beaucoup de Mercalm pour mon mal des transports, et mon oreiller pour tenter de dormir dans le bus.
Évidemment, rien ne s'est passé comme prévu. Le prof, qui avait une confiance aveugle en nous, les gentilles fifilles de la classe, avait décidé de nous coller sur les places tout au fond. Vous savez, ces places qui sont squattées par les lascars (racailles) qui écoutent un pseudo « rap » (mais qui ressemble plus à quelqu'un qui gueule sans articuler qu'à du rap), ces mêmes personnes qui n'ont pas apprécié qu'on y soit, sur « leurs » places, leur territoire.
Même pas encore partie que les ennuis commençaient déjà.
Quelques insultes plus tard et deux ou trois appels lancés par les profs déjà aphones, le bus pouvait enfin démarrer. J'avais réussi à gratter une des deux places contre la fenêtre ; j'installai mon oreiller et commençai à sortir de nombreux paquets de bonbons jusqu'à ce qu'un des profs nous dise de ranger tout ça car il est interdit de manger ou de boire dans le bus. Génial, ça démarre vraiment bien. Je pense que j'aurais maudit ce bus sur quatre générations si j'en avais eu le pouvoir. La vitre vibrait sans arrêt, les racailles juste devant nous faisaient le plus de bruit possible et les suspensions du bus étaient tout sauf en bon état, genre vous avez l'impression d'être assis et de rebondir sur des briques.
Le voyage allait être très long, sans compter que juste après le départ, une envie pressante fit son apparition, et que la première pause WC serait pas avant une heure, une heure et demie. Celle-ci eut lieu en même temps que la pause repas. C'est-à-dire en plein vent, sur une aire d'autoroute mal éclairée; en bref, dans le froid glacial par moins quinze degrés.
De retour dans le bus, les racailles capitulèrent face à la fatigue. Après de longues minutes à essayer de m'endormir sans succès (bah oui, l'oreiller glissait et ma tête tapait la vitre…), épuisée, je réussis enfin et partis pour une nuit qui allait être très très longue malgré le réveil matinal qui m'attendait.

Premier Jour

Si jamais vous partez en Italie, n'achetez jamais, je dis bien « JAMAIS » (même s'il ne faut pas dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau ») de pain au chocolat sur une aire d'autoroute italienne. Parce qu'un pain au chocolat c'est bon, c'est super pour se réveiller et là non. On aurait plutôt dit un vieux bout de carton humide.
Nous allions séjourner dans une petite auberge dirigée par des gens de toutes origines, je dis bien toutes, sauf italienne. Elle se situait dans un petit village à une quinzaine de minutes de Rome. Nos affaires déposées dans une salle de stockage de l'auberge, direction les ruines. Tu croyais quoi ? Que le premier jour allait être calme, à visiter des musées ? Et bien non ! Pourquoi donc commencer doucement après une nuit éprouvante dans un bus sur des routes de montagne ? Allons escalader des ruines antiques sous un soleil de plomb !
Ruines qui, de plus, étaient complètement en ruine ! Autant que les suspensions du bus !
Une fois arrivé, les « gamins » tout excités partaient en dehors du groupe pour voir ceci ou cela et ce qui devait arriver arriva. On entendit un gros « boum » suivit d'un « oh, bordel ! » qui ne manquèrent pas d'attirer l'attention des profs. Ils avaient cassé un bout de mur ! Ils ont ruiné la ruine ! Un bout de mur qui était là depuis des années et des années et qui serait, selon leur minable excuse, « tombé tout seul ». Ben voyons ! Il serait tombé pile poil le jour où des idiots essayaient de grimper dessus ! Heureusement (faut bien un peu de positif dans toute cette histoire), les responsables du site n'étaient pas dans le coin, et les coupables se sont bien fait engueuler par les profs qui, du coup, ne les ont plus lâchés de la journée.
La visite avait affamé nos pauvres estomacs d'adolescents boutonneux et nous nous étions arrêtés dans une petite pizzeria de Rome. On a dû tomber sur la plus mauvaise des pizzerias de toute l'Europe puisque je n'ai jamais mangé de pizza avec une pâte aussi épaisse et sèche, qui du coup est compensée par trois tonnes de tomates pour deux malheureux bouts de jambon et d'emmental qui se battent en duel. Plus jamais je ne croirai en ce cliché de la pizza italienne succulente.
L'après-midi aura été un peu plus calme, mais tout aussi chiante. Nous avons visité la Piazza Navona ainsi que les églises qui l'entourent. Il y avait beaucoup d'immigrés pakistanais et ils étaient, comment dire… ? Lourds. Ils passaient leur temps à avancer vers nous avec toutes sortes de gadgets bizarres en disant « glouglou ». Ça devait peut-être vouloir dire « pigeons » en italien… Je me rappelle d'ailleurs qu'un de ces « vendeurs » a essayé de voler une fille de la classe de latin. Mais quel voyage merveilleux et serein, me direz-vous !
Je me souviens également que j'ai vu de tout, toutes les origines possibles, entendu toutes les langues, vu presque tous les pays mais des italiens, non, pas d'italiens. Vous savez, de vrais italiens, ceux qui ont la réputation de rouler comme des pingouins sous amphétamine. Aucun.
La première photo de Rome que j'ai prise était une photo de mes pieds. Pourquoi ? Parce qu'il y avait des gens déguisés en statues partout et qu'ils refusaient d'être sur des photos (sinon il fallait les payer…).
Je crois qu'il était 17h quand nous sommes rentrés à l'auberge et la chambre qu'on nous avait donnée était la plus grande, avec une terrasse et une vue magnifique sur la plage. Mais (sinon c'est pas marrant) vu qu'elle était si géniale, les autres venaient squatter sans arrêt notre chambre. C'est insupportable ! Je suis quelqu'un qui a besoin de calme et d'intimité, mais c'est quelque chose que les gens ne comprennent pas. Surtout qu'ils laissaient tout le temps la porte grande ouverte ! Sérieux, vous vivez dans une grotte ou quoi ?
Le soir, on mangeait à l'auberge. Je n'ai jamais mangé autant de pâtes en si peu de temps ! Si le cliché de la pizza n'est pas vrai, celui des pâtes, si ! Tous les soirs on avait des pâtes en entrée. Pâtes au bouillon, pâtes à la tomate, pâtes au pesto... Le serveur était asiatique et il ne faisait que draguer une amie, elle était vraiment mal à l'aise. Du coup, autre cliché confirmé : les italiens sont des dragueurs.
Couvre-feu à 21h. Tout le monde est tombé comme des mouches après cette dure journée, même les plus rebelles qui disaient sans cesse qu'ils ne respecteraient pas la limite imposée.
Ce voyage allait vraiment être terrible. Je regrettais d'être venue. Et ce qui est sûr, c'est que je ne ferai plus de voyage !

Mégane Germier

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Voyage

Ici déposée, le bout de mes doigts recroquevillés au chaud dans ton cou, c’est ici même que commence le périple de ma main.
A peine arrivée sur ton corps, que déjà, c’est dans cette marre de cheveux rouge et lisse qu’elle vient se réfugier, glissant derrière ta nuque encore brûlante, je l’entends, ta respiration qui l’a fait légèrement se plier sous mes doigts.
Les mêmes qui viennent caresser ta joue jusqu’à tes lèvres entrouvertes, je ne vais pas m’arrêter là, ma bouche viendra plus tard s’en occuper.
Tu la sens descendre sur ton épaule, effleurer ton bras frissonnant, jusqu’à se blottir au creux de ta main.
Tu la laisses pourtant s’échapper sur tes hanches, tu la laisses à tes risques courir le long de ton ventre, s’enfonçant à l’intérieur au grès de tes soupirs tout juste avant de se poser doucement sur ta poitrine, mes doigts déployés sur tes seins à les caresser.
Ma main que tes doigts tentent de rattraper, trop lente !
Elle dévale ton ventre avant se heurter de nouveaux sur tes hanches que je n’hésite pas à plaquer pour qu'elles se soulèvent sur mon corps.
Ma paume est de plus en plus bouillonnante sur ta peau, elle serre ton bassin qu’elle a du mal à relâcher tant ses muscles sont contractés, les tiens aussi, tu resserres les jambes autour d’elle, elle n’a d’autres choix que de se faufiler à l’intérieur, s’extirpant de ces étreintes que ton excitation ne peut relâcher.
Tu vas finir par céder pourtant, elle arrive sur ton sexe, l’enserre, et du bout des doigts, effleure tes lèvres et s’y aventure lentement, s’engage plus loin remuant tout ton corps, elle ne peut plus le contenir désormais, seulement l’abreuver jusqu’à l’ivresse…

Pierre Armentier

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

Guépard

Je me suis toujours sentie au fond de moi comme un guépard, depuis toute petite cet animal m'a toujours fascinée, cela devenait une obsession, je voulais en voir un pour de vrai. Mes parents ont alors décidé de m'amener au zoo mais j'ai été profondément déçue, je le voyais lui et moi nous reflétant, mais de part et d’autre d’une vitre qui nous séparait. Il restait fixe, triste comme un animal de foire, ce n'était pas l'image du guépard que j'avais, l'animal noble et solitaire chassant ses proies dans une course de 100 km/h. Non, il était enfermé dans sa cage comme je me sentais enfermé dans la société. Cela me frustrait énormément. C’était un rêve inabouti.
A 22 ans, je décidais de partir pour l’Éthiopie, l'école ne m'avait jamais intéressé de toute façon, et cette destination était pour moi une occasion de rencontrer un guépard. J'avais économisé de l'argent pour pouvoir vivre une fois là-bas, je n'avais pas vraiment organisé le voyage, c'est lorsque j'ai appris la mort de mon oncle que je décidais de vivre mon rêve.
Une fois là-bas je m'étais intégrée à un peuple du Sud-Ouest de l’Éthiopie « Les Sidamas » et j'apprenais le langage couchitique. Je rencontrais chaque jour une centaine de magnifiques espèces méconnues jusqu'alors, mais toujours pas de guépard. La vie dans une tribu me rapprochait énormément de l'état primaire, ça change de la merde toxique qui m'envahissait en France. Les Sidamas avaient des valeurs bien différentes des nôtres, basées sur la fraternité et le respect, les journées étaient paisibles, en union avec la nature. C'était la vie qu'il me fallait.
Un jour, une grosse tempête de pluie avait inondé toutes nos habitations, nos plantations, nous devions nous enfuir coûte que coute. Je courais avec mon sac en tissu, m'embourbant dans la boue qui devenait marécage, un quart d'heure de course sans m'arrêter, tombant et me relevant sans arrêt. Et là…
Je m'arrête net. Je suis face à face avec un guépard. La pluie n'a plus d'importance. Ces yeux profonds se plongeant dans les miens, ses longues pattes arrière fléchies prêtes à bondir se figent en ma présence. Il n'a pas l'air d'avoir faim, il est surtout inquiet non pas à cause de ma présence, mais plutôt à cause de la pluie qui se transforme en violent courant d'eau. D'un coup, il entame une course majestueuse, ses pattes arrières se mêlant à celle de devant, sa queue tendue lui donnant l'équilibre. Je le suis, criant, une énergie m'envahit, ma voix couverte par le boucan de la nature. Impossible de rattraper ce jeune guépard qui ne cesse d'accélérer. La course du guépard je la vois enfin.
Mon rêve est accompli. Nous continuerons de voyager à travers les terres d'Ethiopie en découvrant des guépards, et tous types d'animaux. Je vis une aventure de rêve.

Shayma El Yaakoubi

RETOUR AUX 1ERES PHRASES

 

Souvenirs, souvenirs
L'auteur

Mathieu Robin

Auteur
Jeunesse, roman, nouvelle

Pour faire plus ample connaissance avec l'auteur, cliquez sur ce lien

robin mathieu

Lettres aux élèves

Bien, notre atelier d’écriture s’achève. Vous deviez tous m’adresser des textes, alors il serait fair‐play que je vous en retourne un également.
Oui, j’avais envie de partager avec vous mon sentiment sur notre modeste expérience ensemble.
Ces six séances sont passées un peu trop vite pour moi.
J’en imagine déjà certains avec un petit sourire en coin, signifiant discrètement le contraire : c’était long, beaucoup trop long même !
C’est ce qu’il m’a semblé pour pas mal d’entre vous. Non que j’en ressente de l’amertume, j’ai été un peu déçu de découvrir parfois un total désintérêt pour le principe d’écriture. Mon enthousiasme n’a pas suffi à vous donner envie d’écrire pour beaucoup et, j’ai envie d’essayer de comprendre pourquoi ? Si possible, structurer une réflexion pragmatique qui pourra me servir et servir à d’autres.
Lors de notre première rencontre, vous ne m’aviez pas pris en traître, vous aviez été honnêtes dès le départ et clairement dit ‐ pour les trois‐quarts d’entre vous ‐ que vous n’aimiez pas lire et que vous n’aimiez pas non plus écrire.
Ce que je comprenais parfaitement, car je me souviens à votre âge avoir été quelque peu dégoûté de la lecture par l’obligation répétée d’étudier des livres dont les thèmes et le vocabulaire soutenus m’étaient beaucoup trop étrangers. Je me suis rappelé que la contrainte n’avait pas été bénéfique et que si on m’avait laissé le choix de mes lectures, je n’aurais certainement pas cessé de lire à l’époque, car j’adorais ça.
Je me suis donc dit qu’il fallait bien insister sur le fait que ce n’était pas un travail scolaire, que vous écriviez ce texte pour vous. Pour vous faire plaisir ! Hormis, le sujet proposé « l’Odyssée » ou le voyage, je vous laissais absolument libre de choisir l’histoire que vous souhaitiez raconter et ce, dans le genre, le style qui vous faisait envie.
« Combien de pages le texte doit faire ? »
« Est‐ce que c’est noté ? »
Ces questions souvent répétées ne faisaient que me confirmer l’importance de vous proposer ce qui me semble être un cadeau : la liberté totale de vous faire plaisir ! Encore une fois, j’espérais avec mon enthousiasme vous donner envie de vous amuser à écrire, à partager une histoire, une pensée, des idées.
Ce fut pour certains le cas et cela a donné de beaux textes et des beaux témoignages. J’ai en effet senti chez quelques-uns, que c’était naturel, simple et évident. Et je suis donc ravi si cet espace de liberté a pu vous inspirer et vous donner envie de partager quelque chose d’intime.
Cependant, j’ai vu à quel point c’était laborieux pour la grande majorité. Et quand je dis laborieux ce n’est pas une critique de la qualité de leur travail, non, c’est juste le constat d’une immense difficulté à avancer sur les textes. Chez quelques-uns, une réelle incapacité à se concentrer pour écrire pendant nos séances.
J’ai cru discerner différentes raisons à cela :
‐ tout simplement un désintérêt total pour l’exercice. La volonté de ne pas être là et écrire d’autres choses plus passionnantes, des commentaires sur Facebook par exemple. ;‐)
‐ ou, une crise de tétanie aigue face à la page blanche. La volonté de bien faire et la peur consciente ou inconsciente d’être jugé sur son travail.
Mais c’est vraiment suite aux nombreux oublis de texte à chacune des séances, que je compris un peu tardivement que mon enthousiasme et que la notion de liberté et de plaisir n’étaient pas des moteurs suffisants. Nous agitâmes alors le bâton d’une date butoir et d’une hypothétique note…
Mais cela ne fut pas beaucoup plus efficace, car sur plus de 20 textes attendus, je n’en ai reçus que douze. Dans ces douze, j’ai parfois ressenti à la lecture la volonté de vite finir, histoire d’avoir quelque chose à présenter.
Fort heureusement, dans certains textes, j’ai lu des témoignages sincères, une volonté de s’amuser avec les mots et de raconter une histoire !
Alors quand je dis que c’est passé trop vite, c’est parce que j’ai un sentiment d’inachevé.
J’ai été très bien entouré par votre professeur et votre documentaliste, mais une vingtaine d’écrivains en herbe en même temps c’est beaucoup, alors je m’interroge : pour un atelier d’écriture est‐ce vraiment efficace de contraindre ceux qui ne sont pas intéressés ? À ceux‐là, je ne jette pas la pierre, personnellement si vous m’obligiez à faire un stage de curling, je n’y mettrai pas plus du mien.
Donc je voulais vous poser ces quelques questions, dont j’attends des réponses très honnêtes :
‐ est‐ce que, si vous aviez eu le choix, vous auriez participé à cet atelier d’écriture ? (ceux à quoi les élèves me répondirent pour les ¾ qu’ils ne l’auraient pas fait)
‐ dans ceux qui ne l’auraient pas fait, qui s’est surpris à apprécier d’écrire ? (la moitié répondirent qu’ils avaient appréciés)
‐ dans ceux qui l’auraient fait, ont‐ils aimé ces ateliers ? Que voudraient‐ils modifier s’ils le pouvaient ? (pas de suggestion…)
Voilà c’est presque terminé.
Quoiqu’il en soit, merci pour vos remarques à venir, merci pour votre patience à ceux qui ne voulaient pas être là. Et à ceux qui ont su prendre parti de ce temps disponible pour exprimer leur imagination, leurs sentiments et chercher de belles formules, merci, ce fut très agréable pour moi de vous lire.

L'établissement

Lycée Jean Moulin

1 avenue Paul Vidal de la Blache

34 120

Pézenas

Chef d'établissement

M. Benoît Grellet