Lycée des métiers Jacques Brel
Exil, notion d'identité et voyage. Transmettre son histoire, sa culture. Identité, diversité.
Un mot
Rencontrer un auteur a entraîné pour certains une curiosité pour ses œuvres, donc la double finalité du projet est plutôt atteinte : faire lire et écrire..
L'équipe enseignante
L'équipe enseignante
Les réalisations

En bref

l'établissement
Lycée des métiers Jacques Brel
la ville
15 avenue de la gare 34220 Saint-Pons de Thomières
la classe
2 classes : Terminale ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne) + 2e année CAP PE (petite-enfance) (16-19 ans)
les intervenants
L'auteur : Guillaume Guéraud | Frédéric Sancy (enseignant histoire-géo et français), Patricia Dubois (documentaliste)
le thème
Exil, notion d'identité et voyage. Transmettre son histoire, sa culture. Identité, diversité.

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Nom des élèves

Anaïs Hager, Aneesah Haldane, Noémie Hurth, Marie Miralles, Séverine Alleguède, Pauline Garcia, Laura Schweitzer, Christelle Sastre, Anaïs Daurat, Alice Crovisier, Laurie Lahoz, Adelie Biau, Maeva Goupil, Lorena Assémat, Manon, Zoé, Ahmed, Elodie, Samantha, Julie, Jimmy, Jessica, Margot, Laurie, Cheyenne, Camille, Anaïs Rodrigues,

 

Les retrouvailles

Pinchang est à genoux sur un tapis roulant de l'aéroport à Pékin. Elle a une main posée sur le tapis et, dans son autre main, tient un bol de nouilles. Elle se regarde dans une glace, l’air choquée.
Elle fuit son reflet, son propre regard. Elle trouve qu'elle ressemble trop à son père qui la battait dans son enfance. Quand elle se regarde, elle le voit, et ça lui donne envie de le tuer.
Elle se demande comment elle peut faire pour s’en sortir.
Elle décide de chercher un travail. Pendant une semaine, elle pose des CV dans plusieurs fast-foods. Elle trouve une place dans un McDo.
Debout derrière un comptoir, parmi les étagères en inox et les distributeurs de boissons, Pinchang porte un tee-shirt blanc avec un cœur bleu au centre. Elle regarde d’un air étonné un homme en train de boire un café : « Je crois que c’est mon père. »
Elle prend un fusil derrière le comptoir et lui tire une balle dans le ventre et une autre dans la tête.

Anaïs Hager

Les aventures de Gaëtan

Gaëtan était dans une rivière tout habillé sous la pluie. Une bête surgit hors de l’eau alors il se mit à nager pour fuir jusque dans une forêt.
Il traversa la forêt en courant et trouva une cabane. Il se cacha dedans et découvrit des armes à l'intérieur. Il attrapa un fusil et sortit de sa cachette. La bête se trouvait face à lui. Il cria pour attirer son attention. La bête se rua sur lui pour le mordre et le griffer. Gaëtan réussit à la tuer de plusieurs coups de fusil.
Gaëtan sortit des bois couvert de blessures. Il monta dans sa voiture et roula jusqu'à un hôpital où il se fit soigner. Après avoir récupéré ses forces, il s’entraîna pour devenir militaire et pouvoir tuer les différentes bêtes et robots qui envahissaient le pays.
Il se retrouva en mer pour affronter un robot géant. Il tua tant de robots et de bêtes maléfiques qu'il devint le héros qui a sauvé le monde.
Mais malheureusement, il est mort dans un accident de voiture, alors qu’il était enfin tranquille.

Aneesah Haldane

L'avion

Je m’appelle Gaëtan et, ce matin, je me réveille aux cotés de Kimberly. Dans mon lit, je retrouve des petites maquettes d’avions. Je regarde Kimberly qui porte juste une culotte. Une maquette d’avion sur ses fesses. Je décide de jouer avec.
Je fuis mes parents parce qu’ils souhaitent que je me sépare d’elle.
Je préfère partir loin de chez moi avec Kimberly.
Après plus de dix heures de route, nous arrivons à notre destination préférée, la Californie. Kimberly est fatiguée, on s’arrête dans un bar et on prend une chambre dans un hôtel.
Le lendemain, nous reprenons la route, direction l’aéroport. Dans une boutique, je lui achète une nouvelle maquette d’avion. Et nous décollons pour la France.
Une nouvelle vie commence.

Noémie Hurth

L'adultère fraternel

Maléfique est une fille brune. Elle a une coupe au carré. Elle est âgée de 25 ans. Elle est garée dans sa décapotable. Elle observe sa sœur Aurore d’un regard diabolique. Dès que les yeux des deux sœurs se croisent, Maléfique prend la fuite.
Maléfique se met à rouler à toute vitesse. Elle rentre chez elle et remplit une valise le plus vite possible. Elle appelle Richard, son amant, qui est aussi le mari de sa sœur Aurore. Il lui donne rendez-vous dans un hôtel cinq étoiles. Maléfique prend ses affaires et se dirige vers l’hôtel.
Arrivée dans la chambre de l’hôtel, elle trouve Richard sur le lit avec plein de billets. Elle s’allonge à côté de lui. Il la regarde et lui propose de partir loin d’ici avec lui.
Ils décident de partir à Cuba.

Miralles Marie

Recherches

Dans une maison en Ardèche, un monsieur avec des lunettes, une moustache et petite barbe, est en train de parler à Eric qui cherche à rentrer chez lui.
Eric a dû affronter tout un mois d’hiver dehors, à traverser les rivières gelées, à se battre contre des gens fous, dans les forêts avec des loups affamés. Ce monsieur le loge et le nourrit en écoutant son histoire.
Eric doit retrouver son frère qui a fugué il y a deux jours. Le monsieur lui indique le chemin d'un village où il pourrait être. Eric reprend la route en espérant que cet homme bizarre ne lui a pas donné de fausses informations.
La route est dangereuse : loups et soldats. Eric saute dans un torrent pour leur échapper.
Après six jours de marche et de terreurs, il s’arrête dans un hôtel pour dormir et se doucher. Le lendemain, il part pour chercher son petit frère et le trouve enfin dans le village.
Eric le ramène dans leur famille. Il explique ses mésaventures à leur mère. Elle est atteinte d'un cancer mais peut mourir soulagée parce que son grand fils a retrouvé son jeune fils.

Séverine Alleguède

La cavale sinueuse

J’étais sur une moto de cross bleue numérotée 76. Au bout de la rue, des gendarmes avec radar se sont aperçus que je faisais un excès de vitesse. Les gendarmes m’ont poursuivie, j’ai voulu prendre un virage mais avec la vitesse je suis tombée, ils ont réussi à m’attraper. Ils m’ont mise directement en cellule et m’ont enlevé mon permis moto.
J’ai décidé de fuir de la prison car j’en avais marre de rester enfermée. J’ai récupéré la moto et je suis partie.
Trois jours après, à force de rouler sans m’arrêter, je me trouvais menottée dans une garrigue, avec deux amies, en tenue de prisonnière et les menottes aux poignets.
Les gendarmes ont sorti leurs pistolets. Ils nous ont visées et ont appuyé sur la gâchette. J’ai esquivé les balles et cassé mes menottes. Un gendarme fit tomber son arme. Une de mes amies la récupéra pour nous libérer. En dix minutes, on réussit à tuer tous les gendarmes. On décida de partir dans un autre pays, en changeant d’identité, pour ne plus avoir de soucis.

Pauline Garcia

Mara

Je me prépare dans le vestiaire. J'enfile mes rollers afin de prendre mon service dans le restaurant Rollers Coffee.
Je commence à servir les clients quand, tout à coup, je vois mon père. Je le fuis depuis maintenant trois ans parce qu'il m'a battu pendant de longues années.
Je pars derrière dans les cuisines mais il me suit. Je m’enfuis par la porte de secours mais il me rattrape. Il me choppe par le bras et me force à monter dans sa voiture.
Il m’oblige à poser pour un photographe. Il m’oblige des fois à faire des choses avec le photographe pour gagner plus d’argent… L’argent n’est pas pour moi mais pour lui, pour son alcool. Je suis brune, cheveux courts. J’ai les yeux marron, le teint pâle, je suis maquillée. Je suis allongée au sol, je pose devant le photographe. Je suis habillée avec des sous-vêtements noirs et un blazer. Le magazine pour lequel je pose s’appelle FIRE. C'est un magazine pour les femmes.
« J’ai froid, je veux me rhabiller ! »
Après la séance photo, je me rhabille et je rentre chez moi. Mon père est assis à moitié endormi. Je prends la batte de baseball dans l’entrée et lui frappe la tête. Je le ligote et le torture. Je lui casse les deux poignets avec un marteau pendant trois heures. Je le laisse crever et je m’enfuis.

Laura Schweitzer

Bradley

Bradley est sur une route dans le désert. Il est bien habillé et conduit une vieille moto anglaise. Il est angoissé.
Il fuit les gendarmes car c'est un dealer. Il a volé cette moto pour filer. Il risque la prison.
C’est un homme d’affaire. Il a le regard perdu, l’air triste, sérieux, dépressif. Derrière lui, dans la nuit, apparaît une ville, floue comme un mirage. Il s’est fait virer de son travail. Sa femme l’a quitté avec ses enfants. Il regrette son ancienne vie de dealer, ses erreurs avec sa femme qu’il a battue et ses enfants qu’il a abandonnés.

Christelle Sastre

Perdus

Je suis au volant d'un véhicule des années 70 sur une route de campagne. Je suis accompagnée de mon ami Pierre. Je regarde le paysage et j'aperçois une voiture accidentée. Pierre, surpris, regarde également la scène.
Nous voyons des zombies sortir de la voiture accidentée. Je fais demi-tour et je fuis pour ne pas être rattrapée par eux.
On roule maintenant avec Pierre sur l’autoroute. On s’arrête dans la petite ville de Thomières. Nous louons une chambre pour nous reposer un petit moment.
La chambre est peu meublée. Il y a un puits de lumière qui éclaire le lit où je suis allongée avec Pierre. Je suis en nuisette. Je cherche mon téléphone dans mon sac. Je suis heureuse de me retrouver sur ce lit. Pierre compte l'argent qui nous reste pour survivre.

Anaïs Daurat

La horde sauvage

Je suis dans le désert, à cheval, avec mon ami Paul. Ça fait déjà plus de deux heures que nous sommes en plein soleil. Il fait trop chaud, il y en a marre, on nous fournit même pas une gourde d'eau pour nous hydrater. On est à côté de Marrakech au Maroc.
Tout à coup, un grand vent se lève et je comprends qu'il faut fuir au plus vite. Face à une grande tempête de sable, on doit se trouver un abri. Je mets un bon coup de talon à mon cheval pour partir au galop. Mon cheval est très nerveux.
On se retrouve au milieu d’hommes armés, devant un bâtiment en construction. Je sors mon appareil photo et je tends les bras en espérant que les soldats ne vont pas nous embarquer.

Alice Crovisier

Désert

Garée dans le désert, je sors de la voiture décapotable, accompagnée de Jackson, l'homme que j'aime. Nous regardons l'horizon.
Je fuis mon ancienne vie et mes problèmes judiciaires.
Après avoir vu le soleil se coucher dans le désert, je souhaite finir la soirée avec Jackson. Nous allons dans un bar au centre de Las Vegas, le  « By Coss Bar », dans une tour, au 17ème étage. À l'intérieur, c'est chic, lumineux et spacieux. Je me dirige vers le comptoir pour passer commande pendant que Jackson va s'asseoir à une table.
Les minutes passent et nous discutons autour d’un verre, mais mon attention se porte sur deux hommes et une femme qui me fixent depuis tout à l'heure.
Je fume une cigarette avec Jackson et les observe. J’ai l'impression qu'ils me regardent bizarrement. Peut-être à cause de mes cheveux rouges.

Laurie Lahoz

En l'air

Je suis un jeune surfeur, je me promène sur la plage avec ma copine. On porte nos combinaisons et on tient nos planches. On vient juste de sortir de l'eau.
Je regarde au loin.
Je fuis mon passé et la bande de garçons qui me martyrisaient.
Ma copine m'a quitté. J'ai décidé d'appeler mon meilleur ami pour qu'il vienne se changer les idées car il est dans la même situation que moi. En l'attendant, je vais chaque jour à mon travail.
Le 14 août, c'est le grand jour, je vais à l'aéroport chercher mon pote. Il arrive de France. On est enfin réunis et prêts pour une semaine de folie.
Dans les airs, au-dessus de Miami, il fait beau mais nuageux.
Je fais du parachute, je porte des lunettes, j'ai 20 ans. Je suis accroché à mon meilleur ami. On se tient par la main. Je fais ça pour libérer mes pensées.
« Ça me fait plaisir ! »

Adelie Biau

Fuite en avant

Je suis sur une moto, je roule sur une route en plein milieu d’un désert, avec un ami. Nous allons vite sur nos Harley Davidson. Nous portons tous les deux des lunettes de soleil et des gants, mais pas de casques.
Nous roulons vite pour fuir les policiers.

Maeva Goupil

Stefan, le guerrier

Je suis sur une barque, armé d'un arc. Je regarde mes ennemis à l'horizon. Je me nomme Stefan et je suis un guerrier.
Je fuis mon village qui a été brûlé. Je suis monté sur cette barque pour retrouver mes ennemis et les tuer.
Tout à coup, la barque chavire. J’essaie de m’accrocher, l’eau est gelée, je ne sens plus mes jambes. J’ai la moitié du corps dans l’eau et l'autre moitié agrippée à un bout de bois. Cela fait cinq jours que je survis comme ça.
Je vois un bateau s’approcher au loin. J’arrive même plus à crier. Des hommes me récupèrent et me donnent à manger. Je voie un collier sur une table, je décide de le prendre.
Puis on m’emmène voir le roi du village. Il me propose de boire une potion pour avoir une vie meilleure. J’accepte… Je me réveille attaché sur une chaise… Avec des choses que je ne connais pas… Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive…
Un bâtiment désaffecté, un éclairage bleu et blanc, des tables avec des ordinateurs, pleins de fils branchés.
Mes poignets sont attachés, des électrodes sont posées sur mes tempes. J’ai les yeux à demi ouverts, je suis effrayé.
Il y a devant moi un homme vêtu d’une cagoule, d’un long manteau noir, des gants noirs, des grosses bottes noires.
Sa voix très grave m'annonce :
« Vous allez mourir car vous m’avez volé mon collier en or. »

Lorena Assémat

En route vers la neige

Je roule sur ma vieille moto. Je suis seul, je m’évade. Les vastes montagnes se dévoilent devant moi. Je suis noir, j’ai des vêtements sales.
Je fuis cette société. Ma femme est partie avec mes enfants. Mon patron m’a viré. Je n’ai plus de maison. J’ai des dettes sur le dos. J’ai plongé dans l’alcool.
Je pars dans une autre ville, un autre pays. Recommencer une nouvelle vie. Ne plus penser à mes soucis.
Mes parents m’ont laissé en héritage une petite somme d’argent et une petite maison éloignée dans les montagnes. Je vais m’y installer quelque temps pour reconstruire ma vie.
Arrivé au pied des montagnes, il neige énormément. Ma moto tombe en panne. Je continue ma route à pied. J’essaye de trouver mon chemin dans toute cette neige.
J’ai très froid, la neige monte jusqu’à mon torse. Je ne sens plus mon corps. La neige ne cesse de tomber et je m’enfonce de plus en plus pour trouver la maison de mes parents. Mon corps s’affaiblit et je n’arrive pratiquement plus à bouger mes membres.
Je me suis enfoncé dans la neige sans savoir où aller. Je me sens faible et je ne sens presque plus mon cœur battre. Je suis seul, personne pour m’aider. J’aurais aimé arriver à cette maison pour reconstruire ma vie mais la neige est trop haute et je me sens mourir petit à petit.

Manon

A mort

Je suis au guidon de ma super bécane qui m'a coûté une fortune, avec mon meilleur ami.
Je porte des lunettes noires, un jean délavé, des chaussures dégueulasses et les cheveux en arrière. Je ne lâche pas la route des yeux. Le paysage est vide, on roule dans le désert. On a cambriolé une banque, mais on s'est fait gauler alors je fais chauffer le moteur de ma bécane. J’entends la sirène derrière moi. J'aimerais pas aller en taule pour une histoire d'argent. Je sais pas encore où aller. Faut que je trouve un endroit où passer la nuit.
Mon meilleur ami me lâche. Il part avec une fille pour faire des gosses, je crois. Enfin, c’est la vie, je sais pas si j’aurais de ses nouvelles un jour.
Pour essayer d’oublier tout ça, je pars en Inde. Je fais quelques photos. Dans la foule, je photographie quelqu'un qui se fait décapiter. Comme je suis un étranger, les gens se tournent vers moi et m'encerclent. Je me dis que c’est mon dernier instant dans ce pays. Un mec derrière moi me lance une flèche. Je tombe, ils sont tous autour de moi, je suis incapable de bouger. Je ferme les yeux. Ils m’attachent à un poteau et me lancent des pierres. Mon cœur s’arrête.

Zoé

Des anges au Paradis

J'ignore qui sont ces créatures qui ressemblent à des statues. La seule et unique chose que nous savons d'elles, c'est que lorsque nous les quittons des yeux, elles bougent. On les appelle des « Anges » et elles ont massacré un village entier.
Les journaux indiquaient une ville entièrement sécurisée non loin d'ici. Je n'ai nul autre choix que de me rendre dans ce « paradis ».
Cela fait des jours que je marche, j’ai réussi à semer cet Ange qui me suivait. Je prends donc un repos bien mérité, je suis affamé et fatigué. Mes yeux commencent à se fermer, quand un hurlement fend le silence désertique.
Ne me demandez pas pourquoi je cours vers ce hurlement, tout ce que je sais, c’est qu’une fois arrivé je me dis « qu’est-ce que tu fabriques ? ».
Une jeune fille asiatique est par terre, du sang coule de son ventre, elle s’efforce de regarder l’Ange au-dessus d’elle. Dans un élan de courage (ou de stupidité), je me mets à hurler en fermant les yeux.
Lorsque je rouvre les yeux, il est là, devant moi.
Je dis à la jeune fille de fuir. Je m'élance derrière elle sans lâcher des yeux la monstrueuse statue qui nous poursuit. Je nous crois perdus, quand je vois un trou profond dans le sol, je n’y réfléchis pas à deux fois, je saute avec la jeune fille dans ce gouffre pour échapper au monstre.
J’essaie tant bien que mal de la garder en vie, de lui parler, de lui poser des questions. Mais je la perds un peu plus chaque seconde. Elle est gravement blessée.
Je suis en train de perdre la seule et unique partenaire que je pouvais trouver.

Ahmed

Ça roule avec Mathis

Je suis au collège en train de mettre mes rollers. J'ai un tee-shirt, un short et des chaussettes hautes blanches avec des rayures bleues et bordeaux. Je regarde au loin, intriguée par un couple de jeunes. Je fuis le regard d'un garçon qui arrive. Je me relève et part me défouler.
Le roller est ma passion. Je participe à une compétition et je remporte le premier prix !
Cinq ans après, je rencontre un garçon qui s'appelle Mathis, il bosse dans hôtel. J'ai fini mes études, je suis devenue pédiatre, mais je suis toujours passionnée par les rollers.
Nous sommes allongés dans une vieille chambre au cœur de Paris, sur un lit moche avec un plaid. Des billets de banque et un sac traînent sur le lit. Je passe des billets à Mathis. Une de mes jambes est glissée entre ses jambes. J'ai un débardeur blanc et une mini-jupe.

Elodie

Dans la mode

Je suis sur un parking, je cherche une place pour me garer.
Je suis une jolie femme brune, cheveux courts, avec plein de bijoux.
Je bosse dans la mode.
Au volant de ma voiture décapotable, je suis très heureuse.
Je détourne la tête pour fuir le regard de la fille qui vient de me prendre ma place de parking.
Je préfère partir sinon je sens que je vais m’énerver.
Je rentre chez moi, je m'engueule avec mon copain parce qu'il est jaloux, il ne veut pas que je travaille dans la mode.
Je le quitte pour faire ce que j'aime. La mode, c'est toute ma vie.
Je déménage à Miami parce que j'ai trouvé là-bas un boulot de mannequin.
Je change de physique car ils ne prennent que les filles minces et blondes.
Je rencontre deux filles, Diana et Brihanna.
On se voit très souvent pour boire un café.
Un week-end, il fait très beau, je leur demande de venir avec moi à la plage pour aller faire du jet-ski. Le sable brille au soleil, la mer est bleue avec des grosses vagues, c'est Miami.
Je suis en combinaison et les gens me regardent.
Je suis blonde, très contente, je vais passer une bonne journée avec mes deux nouvelles copines.

Samantha

Laurie

J’ai 25 ans. Il y a trois ans, j’ai perdu ma petite fille Julie qui avait 2 ans. Je ne sais plus quoi faire sans elle. Ce drame a détruit ma vie. Je veux quitter la ville et la maison où j’ai vécu avec ma fille.
Je fuis tous ces mauvais souvenirs pour ne plus y penser.
Je fais une dépression, j’ai tué mon mari, je me retrouve en prison.
Je m'évade de prison avec deux copines. Nous sommes perdues dans la nature. Les flics tournent partout pour nous retrouver. En plus, je suis menottée aux bras et aux jambes et j'arrive pas à courir.
Ça faisait un an que j'étais enfermée entre ces quatre murs. Je ne supportais pas. Je pense toujours autant à ma fille.

Julie

Jennifer et John

Jennifer et John viennent de mettre feu à la ville de Los Samar. Ils s’arrêtent quelques secondes pour fumer une cigarette tout en regardant la ville incendiée, contemplant leur travail.
John reprend le volant de sa Mustang pour échapper aux autorités. Se dirigeant vers une autre ville pour la détruire à son tour.
Après avoir incendié trois villes, John et Jennifer comptent les billets qu’ils ont pu voler. John achète un costume et offre une robe à Jennifer.
Puis ils achètent un ticket de loto. Ils gagnent le gros lot et vont à Miami.
Et cette fois, c'est la fête, ils boivent, fument, bref ils mettent le feu quoi !

Jimmy

Une folle expédition

Je suis avec mes deux meilleures amies, Mickaëla et Jennifer.
Je suis habillée avec ma combinaison de moto rose et blanche, ma préférée.
Je regarde au loin, je cherche une trajectoire sur la piste.
Nous fuyons les garçons qui nous poursuivent, ils veulent nous voler nos motos.
On décide de passer par l'usine désaffectée pour atteindre le plus rapidement possible l'autre côté de la ville.
Mickaëla et Jennifer partent vers l'Est mais moi je préfère continuer ma route vers l'ouest.
Pendant ma fuite, je rencontre John, un inconnu qui devient un ami, puis mon petit ami.
Je prends un appartement avec lui et nous avons une fille, Louisa.
À sa naissance, John et moi, nous nous séparons, mais nous restons tout de même en contact pour le bien de note fille.
À l'intérieur de la cuisine du snack dans lequel je travaille, il y a des verres de coca cola, une machine à soda, l'éclairage est tamisé.
Je suis en train de discuter avec John, mais il ne m'écoute pas, de ce fait je loupe ma crêpe. Je le regarde ébahi.
Il se rend compte que j'ai un strabisme, ce qu'il ne manque pas de me faire remarquer.

Jessica

Un nouvel horizon

Je suis en compagnie de braves compagnons, ils m’amènent sur la côte. Mes yeux plissés de fatigue, mon arc à la main. Le temps semble s'arrêter. J’attends. Le temps devient de plus en plus long. Mes compagnons sont épuisés. La soif et la famine se font de plus en plus sentir chaque jour. Hier nous avons perdu un de nos camarades.
J'imagine une nouvelle vie, pour l'avenir, avec une femme, des enfants, une maison. Mes compagnons n'en peuvent plus. On aperçoit heureusement la terre au loin. Nous débarquons dans un port.
Je croise sur les quais un vieux monsieur qui me dit :
- S'il-vous-plaît, donnez-moi une pièce.
Je trace ma route, il me suit, je le repousse en lui tendant des billets :
- Tiens, prends cette liasse, mais je ne veux plus te voir.
Je rentre à l'auberge où sont mes compagnons, je monte dans la chambre, je pose mes affaires, je me retourne et je vois le vieil homme assis sur une chaise dans la pièce.
- Tu es brave, mon petit… me dit-il en souriant sous sa longue barbe. Je peux réaliser les trois vœux que tu souhaites !
Je reste con, il vient d'un autre monde.
- Je veux changer de vie ! Je lui dis. Je veux avoir une femme, des enfants et une maison.
- Méfie-toi, me prévient-il, ce sera permanent et tu ne pourras pas revenir en arrière.
- Ça ne me dérange pas, j'en ai marre de cette putain de vie de merde.
- Tu as d'autres vœux ?
- Ouais. Je veux faire un saut en parachute.
Il me dit de m'allonger et de fermer les yeux.
Quand je me réveille, je sens l'air dans mes cheveux, sous mon tee-shirt, je suis quelqu'un d'autre, j'ai une nouvelle tête, les cheveux au vent. Je vais bien, je saute en parachute, je vis, je pense au vieil homme rencontré dans le passé, faudra que je raconte cette histoire.

Margot

Après la guerre

C’est un soldat de 25 ans. Il a tout quitté pour partir à l’armée. Il fait la guerre depuis deux ans.
Il est en Chine dans une forêt très dangereuse. Beaucoup de ses collègues sont morts. À ce jour, c'est le seul survivant. Il doit maintenant fuir ses ennemis au plus vite.
Les premiers soirs, tout seul dans la jungle, le soldat est effrayé.
Au bout d’une semaine, il se débrouille de mieux en mieux pour survivre au quotidien, boire, manger.
Après avoir traversé la forêt, il tombe dans un village perdu, dont les quelques habitants parlent sa langue. L’espoir de rentrer chez lui est là. Les villageois lui offrent un bon repas, une douche, des habits propres et une paire de lunettes. Il se sent beaucoup mieux.
Il leur raconte toute son aventure en forêt et son souhait de rentrer auprès des siens.
Les villageois décident de l’emmener à l'aéroport le plus proche. Il ne les remerciera jamais assez.

Laurie

Souterrain

Je m'appelle Florian et, ce matin, quand j'ouvre les yeux, je suis dans un lit, mais pas le mien. Avec cette fille rencontrée la veille dans une soirée trop arrosée pleine de copains et de belles filles. Comment s'appelle-t-elle ? Clarisse ou Morgane ? Je ne sais pas, j'hésite.
Tellement de conquêtes, tellement de soirées et trop de maisons fréquentées. Je me demande même comment j'ai fait pour arriver là. Et je me dis aussi qu'il faut que je parte, que ce n'est pas possible pour moi de rester ici, dans le même lit que cette belle inconnue à moitié dénudée.
Je suis encore à côté d’elle quand un rayon lumineux traverse la fenêtre. Une lumière éblouissante m'aveugle. Et quand j'ouvre les yeux, je me retrouve dans un souterrain sombre, assis sur une chaise. Des câbles sont branchés sur ma tête. J’ai chaud. Je veux partir mais je suis coincé. Les poings menottés. Les mains moites.
Des hommes verts avec de grands yeux noirs m'encerclent. Il y a devant moi une machine futuriste. Ils me couvrent la tête. Une porte s'ouvre avec un bruit sourd. Ils me font monter des escaliers. Mes poignets toujours attachés. J'entends la porte de la machine se refermer derrière moi. Un grincement pénible.

Cheyenne

Rencontre en bus

Je regarde mes camarades discuter dans le bus. Un jeune rebelle et un autre qui a l'air impressionné. Ils se racontent un tas de choses passionnantes de jeunes garçons. Moi, je ne parle pas, je n'ai rien à dire. Je suis juste un vieux à moustache assis en retrait. Le bus me semble vide.
Quand mes camarades se tournent vers moi, je fuis leur regard.
Il est tard, on est fatigués. Le chauffeur s’arrête devant un hôtel pourri. On y passe la nuit. Je me dépêche de prendre ma douche, manger un petit bout et aller au lit. Il fait encore nuit quand on reprend la route, je ne sais même pas qu’elle heure il est. J’ai les yeux gonflés, je suis encore fatigué, je me rendors dans le bus.
Je me réveille brusquement en entendant des cris et des pleurs. Le jeune rebelle est debout, une arme dans les mains. Un enfant hurle comme jamais. Je suis lâche, je me cache derrière les sièges pour observer la scène.
J’ai peur, mais l’enfant a l’air d’avoir beaucoup plus peur que moi. Il tremble et pleure en se serrant contre sa mère. Un homme qui doit avoir mon âge se lève, essaye de s’emparer de l’arme, un coup de feu résonne. Je lève la tête pour voir si cet enfer se termine ou s'il ne fait que commencer. L'homme est allongé sur le sol, du sang partout. Je pense qu’il est mort. Les passagers hurlent. Le jeune rebelle commence en s'en prendre au chauffeur en lui disant d’accélérer. Le chauffeur refuse, il y a beaucoup trop de circulation, la route est glissante, on risque d’avoir un accident.
Le jeune rebelle s’énerve et pousse le chauffeur et le bus dérape et on glisse et le bus tombe.
Je me réveille couvert de sang, des cadavres autour de moi. Je sors du bus le plus rapidement possible, juste avec ma veste. Je tremble et claque des dents sous la neige. Je ressemble à un pauvre con. J’aime pas le froid et je me retrouve dans la neige, plein de sang, je ne sais même pas si c’est le mien. Mon manteau est trempé. Je vois le jeune rebelle. Il me dit de le suivre. Je le suis sans poser de question.
Il tient un bidon d'essence, un briquet et un paquet de clopes. Je comprends très vite qu'il veut faire brûler le bus alors je dis : « Et s'il y a encore des vivants à l'intérieur ? » Il me regarde longuement : « Tant pis pour eux, ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. »
Il arrose le bus d'essence, allume une cigarette, fume un peu et la jette sur le véhicule.
Il part sans rien ajouter en me laissant là devant le bus enflammé.

Camille

Joyeux anniversaire

Je suis au volant de mon taxi, dans les embouteillages. Je regarde le feu rouge devant les autres voitures. J'ai le bras posé sur la portière. Je porte une chemise, j'ai la bouche ouverte. Je suis énervé car je suis en retard.
Je fuis le temps qui me rattrape, la jeunesse qui s'en va et la vieillesse qui s'impose. Je suis en retard pour mon anniversaire que je n'ai pas envie de fêter.
Après les embouteillages, je dépose mes clients à leur adresse et je me dépêche de rentrer chez moi. Mais perdu dans mes pensées, je me trompe de route et me retrouve dans le désert, mon taxi n'a plus d'essence et je tombe en panne.
Je sors et observe les alentours. J'aperçois des statues au loin.

Anaïs Rodrigues

Souvenirs, souvenirs
L'auteur

Guillaume Guéraud

Auteur
Jeunesse, roman, nouvelle

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gueraud guillaume

Ligne de fuite.

Je ne savais pas où c'était, Saint-Pons de Thomières, je n'avais même jamais entendu le nom de ce bled, sans déconner, je croyais que l'Agence régionale du livre LR livre et lecture avait inventé ce nom pour me foutre la trouille. Sauf que ça existe. Juste à l'entrée du village, au bord de la route sur laquelle passe chaque jour une bonne centaine de poids lourds, pile en face de la station-service, il y a le lycée des métiers Jacques Brel. C'est là que j'ai mené mes ateliers d'écriture.
Bon, j'ai un peu triché, parce que le thème « L'odyssée : un exil, un voyage » collait pas trop à la situation. L'exil et le voyage impliquent une envie de retour. Or, il faut savoir que le lycée Jacques Brel est une ancienne prison. Ses locaux ont même été squattés par la Gestapo pendant l'occupation. Alors « la fuite » me semblait plus appropriée que « l'exil ».
J'ai donc distribué des images de films aux élèves, avec des scènes représentant des personnages en moto, en auto ou en bateau, dans le désert, dans une chambre d'hôtel ou dans un aéroport, en Californie, en Irak ou à Hong-Kong.
Et ils ont tracé quelques lignes à partir de ça. Pour essayer de fuir. En se mélangeant les pinceaux ou en traînant des pieds. Mais filant à travers les murs sans se cogner. Loin du lycée. Franchissant les frontières avec un stylo en guise de passeport. Vers des précipices escarpés ou des villes incendiées. De Saint-Pons de Thomières à Marrakech en passant par Las Vegas. En sautant en parachute ou en plongeant dans des eaux inconnues.
Je leur ai donné quelques pistes, quelques balises, mais jamais d'itinéraires précis, au contraire, je suis un guide pervers alors j'ai parsemé d'embuches leurs parcours. Mais ils s'en sont sortis. À vive allure ou en ramant. Et ça donne des récits sauvages et déboussolés pleins de raccourcis ébouriffants.

L'établissement

Lycée des métiers Jacques Brel

15 avenue de la Gare

34220

St Pons de Thomières

Chef d'établissement

M.Christian Marty