Collège Les Mailheuls
Ulysse et compagnie
Un mot
Une belle aventure d'écriture collective et de nombreuses heures de discussions, de débats, de votes, où le seul objectif de la classe était de donner vie à cette histoire qui n'existait pas le moins du monde avant que nous ne nous mettions en tête de l'écrire d'un bout à l'autre.
Nicolas Ancion
Nicolas Ancion
auteur
Les réalisations

En bref

l'établissement
Collège Les Mailheuls
la ville
20 rue des Mailheuls BP10 11110 Coursan
la classe
6e Echos
les intervenants
L'auteur : Nicolas Ancion | Matthieu Dubert (enseignant de lettres classiques), Mme Lauret (enseignante histoire-géo, Mme Roquebernou (enseignante arts plastiques), M.Cauchois (enseignant mathématiques)
le thème
Ulysse et compagnie

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Nom des élèves :
Lilou Canguilhen, Mathieu Casier, Lilou Chabrier, Violette Citerne, Cécile Claret, Léa Combes, Emeline Deymié, Corentin Dosière, Enola Dumay, Lisa Fernandez, Colyne Froment, Jenyfer Gayda, Aurore Guillaume, Chloé Kratz, Johan Loubatières, Alex Masnada, Ylona Pallares, Elia Papaceit, Pauline Pébelier, Pierre Perrin, Néfiza Redjepi, Elisa Rumeau, Kélian Salin, Morgane Schang, Bastian Sire, et Matthieu Védrine

Toutes les illustrations sont clicables… et tapotables ! 

 

Alex et Maya :
le monde parallèle de Narbo Martius

 Résumé : Alex et Maya vont voir leurs cousins Tom et Lucille à Coursan. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est qu’ils vont y trouver plein de choses mystérieuses qui les mettront sur la piste d’une nouvelle aventure qu’ils ne devront pas raconter à leur tante ni à leur oncle…

 

 

Chapitre 1 Bienvenue à Coursan

« Mesdames et messieurs, dans quelques minutes notre train arrivera en gare de Narbonne, la SNCF vous remercie. »
Le TGV en provenance de Paris fonce à toute allure en direction de Narbonne. À travers lesvitres, Maya regarde le paysage défiler : des vignes, des vignes et encore des vignes. Puis soudain, la ville.
Maya a hâte de retrouver ses cousins Lucille et Tom et surtout son oncle Gérard et sa tante Athéna pour passer trois semaines de vacances en famille. La petite fille aux cheveux châtains referme le clapet de son ordinateur bleu métallisé et le glisse dans son sac.
À cet instant précis, Alex lui dit que, sur internet, il a vu qu’à l’hôpital de Narbonne, un homme amnésique a été retrouvé. Maya le bombarde alors de questions.
- D'où vient-il ? Où l'a-t-on trouvé ? Comment s'appelle-t-il ?
- Tu me fatigues avec tes questions. Ben justement, on ne sait quasiment rien et c'est cela qui est étrange. Il aurait été retrouvé à côté du puits d'un site archéologique nommé le Clos de la Lombarde.
- Ben on connaît le Clos de la Lombarde ! On l'a déjà visité avec Tonton Gégé et TatAthéna. C'est là qu'il y a les ruines romaines.
Le train freine progressivement, les portes s’ouvrent. Trois personnes les attendent : Gérard, leur oncle, paparazzi de stars, accompagné de ses deux enfants. La jeune cousine arbore des cheveux châtains et porte un jean de couleur bordeaux, un tee-shirt rose et des chaussures Louboutin. Quant à Tom,  il a des cheveux noirs, avec un polo, un jean bleu ciel et des chaussures vans bleus. Pour des jumeaux de treize ans, ils ont des goûts bien différents.
Ils avancent vers Alex et Maya, ils se font la bise et Gérard dit :
- La voiture est garée sur le parking un peu plus loin. Allez, on y va !
- Dis Tonton Gégé, demande Alex, qui est-ce que tu as pris en photo récemment ? Ariana Grande ? Niska ?
- Non, plus rigolo, j'ai réussi à avoir Nabilla occupée à s'épiler avec son téléphone sur la plage.
- MDR, répond Alex avec éloquence, trop méga bien. Et TatAthéna, elle est de service à l'hôpital ?
- Oui, on passe d'ailleurs la chercher avant de rentrer.
Après avoir récupéré leur tante, sur le trajet de l'hôpital à la maison, Alex et Maya se mettent à lui poser des questions sur le mystérieux amnésique qui est arrivé dans le service d'Athéna deux jours auparavant.
- Ah ! Je vois que vous êtes au courant. On n'a que peu d'éléments sur lui. Ce qu'on sait, c'est que son état est très préoccupant et empire de jour en jour. Ce qui est bizarre, c'est qu'il parle latin. D'ailleurs, dans le service, on l'a surnommé Caius Bonus tellement il semble déboussolé ! On en saura plus quand on aura les résultats de son examen. Pour l'instant personne ne sait qui c'est.
- Oh la la, ça sent la nouvelle enquête, confie Maya à ses cousins et à son frère.
- Oh oui, répondent-ils tous les trois en chœur.
Toute la petite famille arrive à la maison, à Coursan, au 4 de la rue des Mailheuls, Alex et Maya déballent leurs affaires et s'installent pendant que Gérard leur prépare sa spécialité : les moules-frites.
Tout en jouant avec Ulysse, le raton laveur intelligent, et Moulefred, le chat-nageur, les enfants discutent au sujet de l'amnésique. Ils décident d'aller enquêter à l'hôpital pour en avoir le cœur net. Ils demandent tous à Athéna s'ils peuvent le lendemain l'accompagner à l'hôpital.
- Ben pourquoi voulez-vous venir vous enfermer à l'hôpital au lieu de profiter de la piscine et des jeux ? Interroge Athéna.
- On veut profiter de toi, répond du tac-au-tac Alex, car on ne te voit pas souvent et on jouera les autres jours. Les vacances sont encore longues.
- Entendu, mais vous êtes bizarres quand même. Je pars à 8h30. Soyez prêts pour cette heure-là.

Chapitre 2 Enquête à l'hôpital

Le lendemain, après une bonne nuit réparatrice, les quatre enfants arrivent à l'hôpital avec Athéna.
Tom dit à sa mère :
- Où se trouve la chambre de l'amnésique ?
- La pièce se trouve au 3° étage, chambre n°205, répond la mère.
Les enfants empruntent l'ascenseur jusqu'au 3ème, les portes s'ouvrent et ils courent jusqu'à la chambre de cet étranger. La porte s'ouvre à la volée et, un homme et une femme en smoking et lunettes noires sortent précipitamment.
- Pardon, s'excuse poliment Lucille.
- Dégagez de notre chemin les sales gosses, on est pressés, rétorque la femme qui mesure plus d'1,90 m.
Les enfants s'écartent et regardent les deux malotrus s'éloigner vers l'ascenseur.
- Quels malpolis !!! Commente Alex.
- T'as raison, non mais pour qui ils se prennent les tocards en costume ?! Ajoute Maya.
- On aurait dû leur mettre une raclée, suggère Tom.
Lucille propose de les surnommer Charybde et Scylla vu leur comportement de gougnafiers et leurs têtes de monstres tout droit sortis de l'Odyssée.
Les enfants s'approchent et entrent dans la chambre. L'amnésique est en train de dormir. Le moniteur avec son rythme cardiaque indique vingt pulsations par minute et sa respiration ressemble plus à un râle.
- Il est dans un sale état ! Résume Tom.
Lucille aperçoit une carte de visite par terre.
- Docteur Rachmull, collectionneur d'antiquités à Genève, lit à haute voix la jeune fille.
- Ça doit être lui qui le soigne… commente Alex.
- Un médecin suisse ? Que c'est étrange, dit Maya, je vais de suite regarder sur internet pour avoir des infos !
- Alors, tu trouves quoi ? demande Alex.

- Ce n'est pas un médecin, il est docteur en Histoire ancienne et il n'a pas du tout bonne réputation. Il collectionne les antiquités et il achète tout avec son argent qu'il a obtenu dans des circonstances bizarroïdes.
- Tu crois que c'était lui avec les lunettes et le smoking ? S'interroge Alex. En tout cas, c'est louche qu'il soit venu ici comme ça.
Pour savoir si c'est normal que l'amnésique reçoive de la visite, ils décident d'appeler Athéna qui leur dit :
- Effectivement, personne ne connaît l'identité de ce Caius Bonus. Seule la famille pourrait lui rendre visite. Ce n'est pas normal, les enfants, que des gens entrent dans sa chambre !
Tom affirme alors :
- C'est encore plus étrange.
- Il faut vraiment qu'on réfléchisse à tête reposée, proclame Lucille
Les quatre jeunes demandent à Athéna si elle peut les ramener à Coursan sur le temps de sa pause-déjeuner. Celle-ci accepte volontiers car elle préfère qu'ils jouent tranquillement à la maison au lieu de traîner dans ses pattes à l'hôpital.
Arrivés à la maison, après le repas, les enfants décident de se reposer les neurones autour de la piscine.

Chapitre 3 L'origine du mal

Charybde et Scylla arrivent sur le parking. Leur téléphone crypté se met tout à coup à sonner.
- Oui patron !
- Où en êtes-vous de votre mission ?
- On a bien fait les repérages pour nous emparer de l'homme de l'Antiquité à l'hôpital de Narbonne. Il n'est pas gardé. Personne n'a encore compris d'où il venait. On va pouvoir organiser les doigts dans le nez son enlèvement. Nous vous le livrerons très bientôt, rassurez-vous.
- Parfait ! Vous avez intérêt à ne pas échouer sinon, vous savez ce qu'il adviendra de Jeannot.
- Oui, patron, nous le savons très bien
- Ramenez-moi cet amnésique antique. Je vais le conserver dans une cave pour ma collection personnelle, et que ça saute ! Il a une valeur inestimable. Il semble qu'il n’ait que dix-huit jours à vivre du fait du vieillissement accéléré qu'il subit par la faille spatio-temporelle. Alors il faut me le ramener vite fait afin que je puisse en retirer tout le savoir ancien qu'il possède. Et trouvez-moi aussi un professeur de latin pour qu'il traduise : payez-le ou capturez-le s'il refuse.
- Entendu pa...
Rachmull raccroche aussi sec. Charybde et Scylla pensent alors à leur fils. Leur rage redouble. Lui, le petit mince et elle, la grande baraquée, plus connus sous le nom de Jean-Michel et Laura Licorne, sont devenus par la force des choses les hommes de main du docteur Rachmull.
Ce collectionneur fou, passionné d'antiquités, paie grassement les deux malfrats pour enlever Caius Bonus afin de compléter sa collection par un spécimen vivant. Mais, l'horrible bonhomme, pour mettre la pression sur le couple, retient prisonnier Jeannot, leur fils unique.
L'idée de ce kidnapping est venue au docteur lorsqu'il a été interpellé par les articles de presse d’internet à propos de l'amnésique retrouvé près du Clos de la Lombarde qui parlait latin. Grâce à son argent et à ses relations, il avait su qu'une faille spatio-temporelle avait été repérée par les satellites américains dans les environs de Narbonne et était à l'origine de cette apparition d'un autre temps.
- Rentrons nous reposer à l'hôtel, propose Charybde, demain nous avons une rude journée
- Oui, tu as raison, et il faudra qu'on prépare tôt l'enlèvement afin d'être plus discret, confie Scylla qui écrase une larme en pensant à Jeannot.

Chapitre 4 En route… jusqu'à la disparition

- Oh ! Regardez Tom, Maya et Alex, mon super plongeon !
Lucille saute dans l’eau, avant de nager jusqu’à son frère et ses cousins. Mais à part Maya, personne ne la regarde. En effet, Alex et Tom pensent à ces personnes bizarres qu’ils ont rencontrées à l’hôpital. Ils décident de faire un bilan car les indices qu’ils ont trouvés sont, à leur sens, le commencement d’une nouvelle enquête.
-  Et, si on allait au Clos de la Lombarde, demande Lucille.
- Ah oui ! Et on irait voir le puits pour trouver des indices sur notre Caius Bonus.
- Bonne idée, dit Alex à Lucille et Tom.
- Comment faire avec les parents ? clame Maya.
- On va leur dire qu'on va jouer avec d'autres amis du village autour d'un feu de camp dans la vigne des Mailheuls, propose Tom.
- Super bonne idée ! S'exclame Alex.
Le soir, tous les quatre partent pour le Clos de la Lombarde à vélo. Arrivés sur place, ils aperçoivent, à travers la grille, le gardien du site en train de manger dans sa maison.
Les enfants s'arrêtent derrière une voiture à quatre pattes, pour ne pas qu'on les voie. Alex dit :
- Qui se charge du gardien ?
- Lucille et moi ! rétorque Tom.
- OK, nous, on va avec Maya inspecter le puits pendant votre diversion, dit Alex.
Alex et Maya s'avancent près de l'entrée du site archéologique pendant que Lucille et Tom toquent chez le gros bonhomme dont la maison donne sur la rue. Le gardien ouvre et demande aux enfants ce qu'il se passe. Lucille dit :
- Bonjour, un raton-laveur a pris mon portable, est passé par la grille et a détalé vers le puits, pourriez-vous nous ouvrir et peut-être nous prêter une corde pour qu'on aille vérifier au fond du puits s'il est bien là ?
Le gardien sourit et dit qu'il va lui-même y aller. Il ouvre la grille du Clos. Maya ouvre alors son sac à dos et en fait sortir Ulysse, le raton laveur avec le portable de Lucille dans les pattes et lui donne l'ordre de courir dans la direction opposée au puits.
Maya dit au gardien :
- Regardez Monsieur ! C’est le raton-laveur qui a volé le portable de ma cousine !
Le gros gardien laisse tomber la corde qu'il avait emportée et se met à courir après l’animal. Pendant que Tom et Lucille crient pour indiquer au gardien l'endroit où se cache le raton, Alex et Maya en profitent pour s’approcher du puits. Alex accroche la corde et descend. Maya enlève sa veste pour l’aider. Les enfants entendent alors le gros gardien, tout essoufflé, revenir à pas lents. Vite ! Il faut remonter Alex. Tom et Lucille crient pour attirer l'attention du gardien :
- Vous l'avez trouvé, Monsieur ?
Maya remonte la corde mais… plus d'Alex ! Elle montre la corde à ses cousins d’un air perdu et paniqué. Le gros gardien arrive enfin à l'entrée et agite son trousseau de clés.
- Dépêchez-vous, je ferme.
Les enfants se précipitent à l’entrée de l’enceinte du Clos comme si de rien n'était. Le gardien s’exclame, haletant :
- Je n’ai pas pu rattraper le raton-laveur. Désolé !
Les enfants sont obligés de partir, n’ayant plus de motifs pour rester et éloigner le gardien. Ils remontent sur leurs vélos et partent, mais sans Alex.

Chapitre 5 Le mystère s'épaissit

En rentrant à la maison, les trois enfants essaient de rentrer sans faire le moindre bruit.
- Faut pas rentrer les vélos, dit Lucille.
- Mais non ! D'habitude, on les range dans le cabanon au fond du jardin, dit Maya.
- Oui Lucille ! D'habitude, on les range là-bas, dit Tom.
- Oui mais c'est pour rentrer sans faire de bruit et surtout sans réveiller les parents, dit Lucille à Tom.
- Elle n'a pas tout à fait tort, confirme Maya.
Tom s'approche de la porte avec les clés dans la main mais en l'ouvrant, elle se met à grincer. Athéna, encore éveillée à cette heure tardive, entend le bruit de la porte et attrape les enfants par surprise.
- Vous rentrez bien tard ?
- C'est Ulysse, le raton laveur, qui s'est échappé ! On est allé le chercher mais on ne l’a pas retrouvé, répondent-ils en chœur.
- Mais vous n’êtes que trois ! Où est donc Alex ?
- Ben… Il cherche encore le raton avec Moulefred et quelques amis du village, peut-être même qu'il va dormir chez l'un d'entre eux, répondent-ils d’une seule voix.
- Ah ! D'accord, dit Athéna, en espérant que cette recherche ne dure pas trop longtemps.

Soulagée par les explications des enfants, Athéna leur raconte ce qu’il s'est passé avec l'amnésique Caius Bonus. Elle leur révèle que les chirurgiens ont fait une endoscopie : ils ont introduit un fil muni d'une caméra dans le ventre de l’inconnu et ils y ont trouvé de la nourriture ancienne, voire très ancienne.
- Quel genre de nourriture ? demande Tom.
- Du vin avec du miel, et des raisins je crois... lui répond Athéna.
- Mais c'est de la nourriture antique, pensent les trois adolescents, cette histoire est toujours aussi louche.
Ils conviennent tous d'aller se coucher en ayant une pensée inquiète pour Alex dont ils sont sans nouvelle.
Tôt le matin, avant même qu'Athéna ou Gérard ne se réveillent, les enfants décident d'en avoir le cœur net et de retourner à l'hôpital. Ils laissent donc un post-it avec un faux prétexte sur le frigo, histoire de ne pas inquiéter les parents et c'est toujours à vélo que les enfants se rendent dans le centre de Narbonne, se faufilent dans l'hôpital et retrouvent la chambre n°205... vide. Se sont-ils trompés de lieu ? Non, c'est bien celle de l'homme amnésique. Ils se mettent à fouiller la pièce pour trouver des indices. Tout à coup, Maya crie :
- Vite, vite ! Venez voir ! J’ai trouvé quelque chose.
Maya brandit une paire de lunettes de soleil.
- Vous pensez la même chose que moi ?
- Ben oui ! Elles appartiennent à Charybde et Scylla !
- Les collectionneurs d'antiquités ?
- Vous croyez que c'est eux qui ont enlevé notre Caïus Bonus ?
- Oh ben, il n'a pas pu sortir tout seul vu son état !
Les enfants n'ont pas le temps de poursuivre la conversation, car on frappe à la porte de la chambre.

Chapitre 6 De l'autre côté du puits

Alex a l’impression de tomber pendant des heures comme si le puits n'avait pas de fond. Quand il ouvre enfin les yeux, il est allongé dans l'herbe et le soleil l'éblouit.
Il voit le puits mais les villas ont changé : elles ne sont plus en ruine. Il y a des toits, les façades sont peintes, la margelle du puits est intacte et un jardin à péristyle luxuriant l'entoure.
- Beeeeeh, fait un mouton qui broute dans le jardin.
Alex se retourne et l'animal lui lèche la joue. Soudain, deux enfants, qui portent des toges blanches, approchent. Ils regardent bizarrement Alex, lui qui porte un sweat-shirt Capitaine America, des chaussures blanches qui font de la lumière, des lunettes et un jean bleu. Il fait peur aux enfants qui s'enfuient en courant et en hurlant des mots dans un langage qui n'est pas étranger à notre jeune ami.
- Mais c'est du latin ! Clame-t-il. Mais où donc suis-je tombé ? Rho, mais c'est pas possible… Ce puits, là devant, c'est celui du Clos ! Mais alors la question n'est pas où suis-je mais à quelle époque suis-je arrivé ?
Alex décide sans bien réaliser d'appeler sa sœur, son cousin et Lucille avec son portable. Il n'y pas de réseau bien sûr et Alex a peu de batterie. Il  suppose alors qu'il a remonté le temps en traversant le puits et que c'est de là que viendrait Caius Bonus, le fameux amnésique. En une fraction de seconde, tout lui paraît clair.
Les enfants en toge, après avoir prévenu leurs parents, sont de retour face à lui et se prosternent car ils croient que c'est le fils de Minerve, qu’elle-même a envoyé. Alex, qui a bien compris qu'il devait parler latin, leur demande où il est et quelle est la date. Les enfants ne répondent pas, ils sont fascinés par un dieu en chair et en os.
- Mais vous allez répondre à la fin ! S'insurge-t-il en français, emporté par sa colère.
Affolés, les enfants se relèvent en vitesse pour déguerpir et le bousculent. Dans leur mouvement, ils percutent la main d'Alex qui tenait le portable. Le téléphone valdingue en l'air avant de s'écraser par terre. Alex se met à crier
- Vous êtes fous ! C’est mon nouveau portable. Il m'a coûté une fortune !
Les enfants, paniqués par leur bêtise et la crainte d'avoir offensé un dieu détalent pour chercher leurs parents.
Alex ramasse les morceaux de portable en se disant que Maya le lui réparera et se lance à leur poursuite. Il rentre dans la maison. Il se fait remarquer par les domestiques et les parents qui descendent de l'étage.
- Où suis-je ? Qui êtes-vous ? Quand sommes-nous ? Questionne-t-il en latin pour éviter de répéter la scène précédente.
Personne ne lui répond. Ils se prosternent tous face à lui et tremblent de peur à chaque fois qu’il essaie de leur adresser la parole. Ils murmurent alors entre eux et Alex remarque qu'eux aussi portent des toges blanches. D’un coup, les adultes se lèvent, courent en tout sens dans les différentes pièces et se mettent à disposer des offrandes autour d’Alex qui les remercie.
- Je crois qu'ils me prennent pour un dieu, pense-t-il, mais tout ça ne va pas me renvoyer chez moi.
Soudain, les parents s'emparent de lui, le portent en l'air pendant que les domestiques reprennent les offrandes. Tous partent alors de la maison en procession jusqu'au temple du Capitole de Narbo Martius. Tout au long du parcours, une foule compacte de latins s'agglutine derrière eux. Le père de famille, qui a trouvé Alex dans son jardin, annonce tout haut son nom à la foule, Marcus Clodius Aestivus, et il dépose Alex au pied du temple. Toutes les personnes qui se sont rassemblées commencent à s'agenouiller devant lui. Le jeune garçon ne sait plus où se mettre. Voir toute cette foule aussi silencieuse le paralyse. Il n'en revient pas et commence un peu à s'inquiéter de ce qu'il va se passer s'ils s'aperçoivent qu'il n'est pas un dieu...

Chapitre 7 Au secours !

 

Charybde et Scylla sortent de l'hôpital avec Caius Bonus sur un brancard, déguisés en ambulanciers pour passer inaperçus. Ils l’enferment dans le coffre de leur Porsche Cayenne. Alors qu'ils sont en train de sortir du parking en face de l'hôpital pour se lancer à la recherche d'un professeur de latin, ils accrochent en faisant marche arrière une voiture. Scylla descend précipitamment pour savoir si tout va bien.
- Oui, ça va, mais cela va me mettre en retard pour mon cours de latin ! Sourit le conducteur de la voiture accidentée.
- Ah bon, vous êtes prof de latin ? Mais comment vous appelez-vous ?
- Je suis M. Dubert, professeur de français-latin-grec au collège de Coursan. Mais dépêchons-nous de remplir le constat.
- Mais vous parlez couramment latin alors ? demande Charybde.
- Bien sûr que oui mais ce n'est pas le propos, vous auriez pu faire attention avec votre gros véhicule. Je n'ai pas que ça à faire ! vocifère M. Dubert.
Ni une ni deux, ils assomment M. Dubert pour l’enlever et l’enferment aussi dans le coffre de leur Porsche Cayenne.
Après quelques minutes, l’homme antique commence à émerger en gémissant dans sa langue maternelle et se retrouve avec M. Dubert, qui se réveille à son tour et qui lui explique, parce qu'il avait compris qu'il parlait latin, qu’il est professeur de cette langue. M. Dubert discute avec Caius, apprend d'où il vient et lui raconte beaucoup de choses sur l'Histoire et le monde depuis l'Antiquité.

Chapitre 8 La vérité fatale

Lucille, Maya et Tom fixent, inquiets, la porte de la chambre 205. Elle s'ouvre d'un coup et Athéna entre dans la pièce. 
- Il me semblait bien que c'était ta voix, Tom ! s’exclame Athéna qui aperçoit les enfants. Que faites-vous ici, tous les trois ?
- On est allés au marché, dit Tom à sa mère. Caïus a disparu !
- Ce n'est pas vos affaires, déclare Athéna. Vous n'avez rien à faire, ici à l'hôpital. Je vous ramène à la maison, j'ai le temps pendant la pause-déjeuner.
Une fois les vélos entassés dans la voiture, ils rentrent à Coursan, dans la maison familiale.
Les trois jeunes s'éloignent du salon où se trouve Athéna et réfléchissent à comment retrouver le mystérieux inconnu. Lucille a une idée et en fait part à sa cousine et à son frère.
- Maya ! Tom ! J'ai une idée pour mettre la main sur Caïus, suivez-moi.
Les enfants montent dans leur chambre et s’apprêtent à demander à Lucille quelle est son idée quand soudain Athéna les appelle. Ils descendent tous et la mère dit sur un ton énervé :
- Mais où est Alex, à la fin ??!!!
- Euh... euh Alex est parti faire du camping dans la forêt après avoir retrouvé Ulysse, répond Tom.
- Drôle d'idée. Il pourrait prévenir, quand même... et vous auriez pu le dire plus tôt. Allez, vous pouvez monter dans vos chambres, enchaîne la mère.
Athéna trouve les enfants très bizarres et  décide d'aller les espionner. Lucille profite que tout le monde soit enfin dans la chambre pour expliquer son idée :
- Et si on allait voir les caméras de surveillance de l'hôpital.
Tous acquiescent.
- Mais comment on va faire pour rentrer dans la salle de surveillance pour prendre le disque dur ? poursuit Maya.
- Mais moi je sais ! Avec un déguisement bien sûr.
Soudain, ils entendent un bruit derrière la porte, Lucille regarde à travers le trou de la serrure et voit Athéna :
- Chut, taisez-vous, il y a maman derrière la porte.
Ils se mettent alors à jouer comme des enfants normaux et à discuter de choses de leur âge. Une heure plus tard, Athéna se prépare pour partir travailler, les enfants reprennent alors la conversation :
- Une fausse moustache plus le badge de maman pour rentrer et ce sera parfait, rajoute Tom.
Ils prennent alors une blouse blanche dans la garde-robe d'Athéna, et les filles se mettent à déguiser Tom en véritable infirmier. Puis, ils se faufilent dans le coffre de la voiture d'Athéna sans qu’elle ne s’en aperçoive. Arrivés à l'hôpital, ils sortent discrètement du coffre, et filent vers la salle de surveillance. Tom déverrouille les portes tel un infirmier, prend le disque et part en bus avec les deux filles pour aller voir la vidéo à la maison. Une fois tous rentrés, de suite ils regardent la vidéo et découvrent la Porsche Cayenne sur le parking, puis Charybde et Scylla déguisés en ambulanciers dans les couloirs de l'hôpital avec une civière.
Pendant ce temps, Athéna, ayant cru voir les enfants à l’hôpital, veut appeler à la maison pour vérifier s’ils y sont bien encore. Tom décroche et improvise :
- Tu tombes bien maman, Alex vient d'appeler et il va visiter le Clos de la Lombarde. Il voulait ta permission. Tu sais comment il est, il adore l'Antiquité…

Chapitre 9 Retour dans le passé

Alex était tranquillement en train de se faire vénérer quand tout à coup, les citoyens se mettent à dire de manière répétitive « Ingens et potens dii ». Ce qui signifie « immense et puissant dieu » en latin. A ce moment-là, Alex est apeuré et essaie de s’enfuir mais il se rate et fait tomber par terre son téléphone déjà abîmé qui saute de sa poche. Avant de s'étaler, dans sa chute, son téléphone s'allume comme par magie et une sonnerie retentit.
Effrayés par ce bruit, les citoyens latins entourent Alex parce qu'ils croient à présent que c'est une sorte de sorcier et non un dieu. Alex en profite pour ramasser les restes de son smartphone.
- Oh la la, ça sent le roussi, je vais me faire tuer. Il faut que je sorte un truc en latin pour les apaiser : « Soyez gentils avec moi et rien ne vous arrivera ».
La population se met à paniquer, ils appellent à l'aide des soldats qui patrouillaient par là.
- Tuez-le, c’est une puissance maléfique, dit l’un des soldats du temple, en latin.
À ce moment-là, Alex n'a plus d'autre choix que de faire diversion pour s'enfuir.
- Il faut que je trouve une idée pour m'échapper. Si je me retourne et que je me jette dans le puits, peut-être que je vais regagner le bon espace-temps, pense-t-il.
Ils se mettent tous à vouloir poursuivre Alex qui se retrouve encerclé.
- Eurêka, je sais ce qu’il faut faire.
C'est alors qu'il sort son téléphone portable qui, malgré les chocs successifs, marche encore, et il se met à déclencher le flash. Tous les soldats qui l'entourent ont peur d'être blessés par sa magie et s'écartent. Alex se fraye un chemin à travers les habitants en agitant à gauche et à droite sa lumière inoffensive. Heureusement qu’ils ne s’en rendent pas compte. Une fois sorti du Capitole, il prend ses jambes à son cou en direction du Clos de le Lombarde afin de retrouver la maison et le puits qui lui permettra de s'échapper.
Arrivé devant la porte de la demeure, il a soudain une angoisse car la porte est fermée. Il fouille dans ses poches et trouve un trombone qu'il déplie afin d’ouvrir. Il s'y reprend à trois fois car il est stressé par la horde de personnes qu'il pense à sa poursuite.
Il rentre enfin dans la maison, traverse l'atrium à toutes enjambées vers le jardin.
- C’est la seule et unique chance de m’en sortir ! pense-t-il. J’espère que je ne vais pas me retrouver encore dans un endroit complètement bizarre !
Il décide de sauter dans le puits en fermant les yeux, mais il ne sent pas la chute ni le fond du puits. C’est le noir total...

Chapitre 10 Retrouvailles

Tom, un ballon de foot sous le bras, marche dans les rues de Narbonne avec Maya et Lucille pour retrouver la voiture des kidnappeurs. Afin de ne plus subir les questions intrusives d'Athéna, ils se sont fait amener, un peu plus tôt par Gérard qui devait, pour son travail, poursuivre et paparazzer Louane et Maître Gims qui vivent une histoire d'amour passionnée.
- Il faut qu'on retrouve cette fichue voiture, dit Maya.
- Oh oui ! Mais comment ? demandent les jumeaux.
- Mais c'est pas celle-là, là-bas ? tente Maya en montrant une grosse voiture noire garée le long du canal.
- Mais si, c'est bien elle, je reconnais la plaque ! Crie Tom.
C'est alors que ce dernier, très énervé contre Charybde et Scylla, shoote de rage dans le ballon qui part comme une fusée et casse une vitre de la Porsche Cayenne.
- Mais quelle chance ! C'est la voiture qu'on recherche, hurle Lucille
Ils accourent, explorent la voiture et voient un taser posé sur le siège avant. Ils entendent des bruits à l'arrière et ouvrent la malle. Quelle joie de retrouver Caius Bonus ! Mais ils s'étonnent de voir un autre homme.
- Mais vous êtes qui, vous ? questionne Maya.
- C'est M. Dubert, professeur de français-latin-grec du collège ! s'exclame Lucille.
- Comment est-ce possible que vous soyez là et que vous soyez mêlé à cette histoire? s'interroge Tom.
- C'est fastoche, affirme Maya avec aplomb, comme Caius ne parle que latin, ils avaient besoin d'un traducteur.
Pendant ces échanges, les propriétaires de la voiture, Charybde et Scylla, qui s'étaient arrêtés faire une pause pipi et déjeuner reviennent, voient les enfants et leurs deux otages parler à côté de leur véhicule. Ils se rapprochent à toute allure en les menaçant. Lucille, paniquée, prend le taser et appuie sur tous les boutons. Elle touche le bout et s'électrocute à pleine puissance. Maya prend le taser de la main de Lucille et neutralise les deux bandits.
M. Dubert porte Lucille, toujours sonnée par son électrocution, et monte dans la voiture mais n'arrive pas à démarrer. Celui-ci dit :
- Si on ne démarre pas, les deux brigands vont se réveiller et il n'y a plus de batterie dans le taser que je dois recharger sur l’allume-cigare.
- Ben, vous n'êtes pas mécanicien ? demande Tom.
- Non, dit M. Dubert, je suis professeur de latin, je vous ai dit !
- On est dans le pétrin ! S’exclame Maya.
Sur ces mots, Lucille revient à elle en balbutiant des « Hein quoi » et en ouvrant les yeux par intermittence. Maya, contente de voir sa cousine réveillée, lui demande si elle peut réparer la voiture rapidement. Elle lève le capot, touche les câbles et le professeur arrive enfin à démarrer la voiture. L'apprentie mécanicienne saute dans la voiture qui démarre en trombe afin d'échapper aux bandits qui commencent à reprendre leurs esprits. Charybde et Scylla sont à présent sur leurs jambes et téléphonent au docteur Rachmull.
- Patron, on avait votre antique vivant et un traducteur. Des gamins sortis de nulle part ont délivré les deux hommes et nous ont tasés. Ils se sont enfuis mais on file à leur trousse. Ne vous inquiétez pas !
- Vous êtes des incapables ! Vous faire berner par des gamins ! Rappelez-vous que je détiens Jeannot ! Pour vous racheter, vous allez les retrouver immédiatement. Et éliminez les enfants. Ce sont des témoins gênants dont je ne peux m'embarrasser. De toute façon, j'arrive sur place avec mon hélicoptère privé, parce que comme vous êtes nuls, je vais m'assurer en personne que vous ne ratiez pas l'objectif.

Chapitre 11 Retour vers le présent

Alex, après sa chute, est encore dans les vapes et voit une grande lumière blanche.
- Suis-je au paradis ? se demande-t-il.
Quand tout à coup, il voit le chien du gardien.
- Un chien au paradis ? s’interroge-t-il.
- Wouf !
Il reçoit alors  une grosse léchouille pleine de bave en plein visage.
- Beurk, s’exclame-t-il en s’essuyant le visage, c’est dégoûtant. Apparemment, je ne suis pas mort, pense-t-il à haute voix.
Puis, il tourne son regard autour de lui et voit le puits en ruine.
- Cool ! se réjouit-il, je suis revenu dans le temps présent !
En deux secondes, il se remet sur ses pieds et se dirige vers la sortie avant d’être repéré par le gros gardien. Quand il quitte le Clos, Alex regarde tout autour de lui et apprécie le retour à la civilisation. Soudain, il voit une Porsche noire qui s’arrête au bord de la route. Alors, il voit la fenêtre s’ouvrir et aperçoit Maya. Il se met de suite à courir vers la voiture en criant :
- Hé, Maya, Tom, Lucille, c’est moi !
- Arrête de crier bouffon ! On le sait que c’est toi, hurle Maya. On essaie d’être discrets pour échapper aux malfaiteurs à qui l’on a piqué la voiture.
Dans la voiture, Alex commence à leur raconter toutes ses aventures dans le passé :
- Quand je suis tombé dans le puits, je pense que je suis arrivé dans l’Antiquité, à l’époque gallo-romaine, et quand je me suis réveillé, il y avait deux enfants qui me regardaient bizarrement.
- Non ! C’est pas vrai, dit Tom tout étonné.
- Je vous jure ils étaient vraiment louches. Le pire, c’est quand les adultes étaient en train de me vénérer comme un…
D’un coup l’amnésique se met à vomir dans la voiture. Quant à Lucille, elle hurle de peur en voyant une araignée. M. Dubert crie après Lucille afin qu’elle se calme.
- Vu que l’amnésique a vomi, on va laisser la voiture à Charybde et Scylla pleine de vomi, dit Tom
- Oui ! Très bonne idée, cria Maya.
- Bon, ce n'est pas tout ça mais il faudrait qu'on trouve un moyen de sauver notre ami, il ne va pas passer son temps à vomir, déclare M. Dubert.
- Surtout qu'on a appris qu'un certain docteur Rachmull, spécialiste en antiquités, est celui qui est derrière tout ça. Il veut obtenir des infos précieuses sur l'Antiquité au péril de la vie de Caius. Selon lui, si l'on ne trouve pas un moyen de le faire repartir dans le passé, Caius Bonus va mourir à cause d'un vieillissement prématuré ! Dit Maya.
- Mais j'ai la solution, crie Alex, il faut le faire passer par le puits du Clos de la Lombarde comme j'ai fait, pour qu'il retourne chez lui ! Ça va peut-être le sauver…

Chapitre 12 L'ultime combat

Tous les six quittent la grosse voiture noire pleine de vomi devant le Clos de la Lombarde. Ils se faufilent par un trou dans le grillage qu'agrandit Alex et s'arrêtent devant le puits. Monsieur Dubert ordonne  à Caius Bonus de sauter dans le puits afin qu’il rejoigne son espace-temps. En effet, l’état de santé de l’homme de l’Antiquité ne cesse de se dégrader. Il s'apprête à sauter mais au même moment, ils entendent un bruit :
- Tom, va voir ce qu’il se passe s'il-te-plaît, lance M. Dubert.
- Pas de problème, j’y vais. Cela doit être le gros gardien. Je vais faire diversion.
- Nous, on va dire au revoir à Caius Bonus, et reviens vite, dit M. Dubert. C'est drôle, son surnom de l'hôpital était son vrai nom. Quelle coïncidence !
Tom part derrière les haies mais ne revient pas et ils entendent encore une fois un son bizarre. Ils décident d'y aller tous ensemble et sursautent en voyant Charybde et Scylla qui tiennent Tom et l’empêchent de crier. Alors Alex prend le taser qu’il avait volé à Scylla et essaye de les taser par derrière. Il parvient à neutraliser Charybde qui relâche alors Tom qui rejoint ses amis à toute vitesse mais Scylla, elle, réussit à esquiver et contre-attaque. Elle court vers les enfants et tente de les attraper, mais Maya et Lucille lui jettent à la figure tout ce qui leur passe sous la main. Au même moment, le Docteur Rachmull arrive en hélicoptère :
- Tuez Caius Bonus immédiatement, il a causé trop de problème ! Et vous êtes des minables de ne même pas venir à bout d'enfants !!
Scylla se précipite pour l’étrangler.
- Va vite sauter dans le puits, hurle Alex en latin à Caius, et bouche-le immédiatement après.
- Nous, on va retenir les deux monstres et le docteur savant fou ! Attaque petit raton-laveur ! s’exclame Maya en sortant Ulysse de son sac.
- Je vais leur jeter des pierres antiques avec M. Dubert, affirme Lucille.
Caius Bonus court tant bien que mal vu son état et tombe la tête la première dans le puits. Les enfants, le raton et M. Dubert mettent toute leur énergie à empêcher Scylla de progresser. Une pierre atteint le méchant à la tête qui tombe par terre, évanoui. Les enfants crient de joie devant leur victoire et le Docteur Rachmull, de son hélicoptère, s’enfuit à toutes pales, en jurant de se venger.
Caius Bonus se retrouve chez lui, dans sa maison qui n'est plus en ruine au Clos de la Lombarde, il rebouche immédiatement le puits et grave « Gratias vobis ago et valete. Caius » sur la margelle du puits.
Le lendemain, les enfants retournent à Narbonne pour visiter normalement, enfin, le Clos. Gérard et Athéna les déposent, ahuris de voir les enfants plus passionnés par les sites archéologiques que par leur piscine.
Les quatre adolescents ont donné rendez-vous à M. Dubert pour parler des derniers événements et faire le bilan de l’aventure.
- C’était cool, dit Lucille.
- J’en ai quand même perdu mon latin, souffle M. Dubert.
- Moi, dans le passé, je n’ai même pas eu peur, renchérit Alex. Mais je préfère quand même notre époque.
- Tu parles, ajoute Tom. On l’a quand même échappé belle entre le Rachmull, Charybde et Scylla qui ont fini en prison…
- Oui, mais on a réussi à sauver la vie de Caius Bonus et c’est le plus important.
La visite guidée du site commence. Ils pensent tous à leur trépidante aventure. Pendant qu’ils avancent avec un groupe de touristes, ils s’arrêtent devant le puits de la villa que l’archéologue commente tranquillement. Soudain, Alex s’exclame :
- Oh mais regardez ça, en pointant du doigt la margelle.
Lucille, Maya, Tom, Alex et M. Dubert découvrent, émerveillés, une inscription qui n’était pas présente la veille, mais qui a traversé le temps et que M. Dubert s’empresse de leur traduire : « Je vous remercie, portez-vous bien. Caius ».

 

FIN

Souvenirs, souvenirs
L'auteur

Nicolas Ancion

Auteur
Biographie, jeunesse, poésie, roman, nouvelle, théatre

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ancion nicolas

Un atelier d'écriture est toujours une sorte de voyage : si l'on sait à peu près d'où l'on part, on n'a aucune idée, en revanche, des lieux que le périple va nous faire traverser et encore moins du point final où l'on échouera en bout de course ou, dans le meilleur des cas, où l'on débarquera, sains et saufs, dépaysés et revigorés.
Avant de nous lancer dans l'écriture, nous savions qu'il y aurait Alex et Maya, les héros de mon roman « Momies et compagnie », que notre histoire explorerait les traces de l'Antiquité en bord de Méditerranée et que les personnages voyageraient beaucoup. S'ils font en effet de multiples allers-retours entre Narbonne et Coursan, dans le petit roman auquel nous avons abouti, c'est entre notre époque et le début de notre ère que plusieurs protagonistes se déplacent : le premier par accident, le second par maladresse. Et au centre de toute cette aventure, un puits gallo-romain, un amnésique qui ne parle que latin et des gros bras venus de l'autre côté des Alpes pour le kidnapper.
En six rencontres, normalement, on ne se fixe pas pour objectif d'écrire tout un roman, avec une classe entière. On tente d'être raisonnable, on limite les ambitions, on cherche à mettre en œuvre des compétences que les élèves dominent. C'est une mauvaise idée. Un auteur ne vient pas dans une classe pour jouer les enseignants de substitution, pour avancer pas à pas, posant une pierre après l'autre, lentement mais sûrement. Non, un atelier d'écriture, à mes yeux, doit être comme une tempête au cours d'une traversée : colossal, débordant, sauvage, temporaire. Ce qui s'y joue n'est pas entièrement maîtrisé. L'espace de quelques séances de travail collectif, on mise tout sur l'intelligence et l'intuition des élèves, sur leur capacité à abattre en quelques heures ce qui demanderait normalement des mois de travail.
C'est une question de confiance, rien de plus. En tant qu'auteur, je viens leur annoncer que je suis convaincu qu'on arrivera sans peine au bout du projet. Ils me croient sur parole et, gonflé par l'enthousiasme collectif et l'envie de bien faire, ils avancent sans broncher dans un projet qui nous dépasse tous, eux comme moi, mais qui nous pousse à aller de l'avant.
C'est une question de confiance, écrivais-je plus haut, c'est aussi celle de l'enseignant, Matthieu Dubert, passionné de latin, de grec et d'Antiquité, qui mise sur ce groupe depuis le début d'année pour un projet qui mêle les disciplines pour permettre aux élèves de découvrir la géographie, l'histoire et la culture de leur région à la lumière de leurs racines antiques. Je tiens à le remercier très chaleureusement de m'avoir donné le feu vert pour embarquer les élèves de 6e du collège les Mailheuls dans ce projet titanesque, pour lequel il a dû dégager non seulement des heures de travail, mais surtout une énergie considérable.
À l'arrivée, le texte est là, avec ses nombreux chapitres et ses multiples rebondissements. Il est le fruit de la rencontre de plusieurs dizaines de cerveaux et d'autant de mains qui ont gratté le papier, sorti les crayons de couleur, tapoté les claviers. Il est aussi la trace d'une belle aventure d'écriture collective et de nombreuses heures de discussions, de débats, de votes, où le seul objectif de la classe était de donner vie à cette histoire qui n'existait pas le moins du monde avant que nous ne nous mettions en tête de l'écrire d'un bout à l'autre.
Comme tous les romans, au fond.
Comme tous les textes de littérature.

L'établissement

Collège Les Mailheuls

20 rue des Mailheuls BP10

11110

Coursan

Chef d'établissement

M. Philippe Lamberte